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vendredi, février 21, 2020

donner à voir quand on est malvoyant

             Une des Oeuvres peintes par une malvoyante, juste guidée par ma voix. La toile mesure 1,10m sur 1,30m

dimanche, février 16, 2020

Imaginons que le temps rebrousse son chemin et que je continue d'aimer

Résumé
L’art que depuis l’enfance j’exerce naturellement, témoigne d’un protocole fondé sur la conviction intime
qu’une vérité est possible.
L’idée ne désigne pas un but à atteindre,
mais plus humblement une promesse d’un chemin
ne tolérant aucune altération.
Rien n’aura constitué plus d’importance
que d’être à ce jour sans passif, c’est
-à-dire présente à la vie,
faiseuse d’actes responsables.
La fréquentation des Beaux-Arts et des ateliers de psychanalyse, en parallèle de sa démarche ouverte à l’étude des religions à travers le monde, aura permis à Catherine Catski Cisinski d’obtenir le diplôme du Collège International de Philosophie du ministère de la Recherche de Paris, lui conférant la légitimité d’artiste peintre, de psychanalyste et d’art- thérapeute. Elle a également réalisé la recherche et l’illustration graphique de « L’encyclopédie des civilisations et des religions à travers le monde » de Ysé Tardan Masquelier et de Frédéric Lenoir, publiée chez Bayard.

mardi, janvier 10, 2017

L'enfant hyper actif

L'enfant hyper actif, est juste plus grand que ce à quoi on pourrait s'attendre de lui. Ne dit-on pas qu'il "déborde d'énergie".
C'est un gourmand de la vie puisqu'on reconnait qu'il est "insatiable"... "Impossible d'en venir à bout" !

Aussi, pourquoi le contraindre ?
Pourquoi vouloir rétrécir son champ de vision ?















































Pourquoi ne pas aller le chercher, voire l'accompagner, lui tenir la main et l'anticiper, en tous cas, pourquoi ne pas lui ouvrir ce qui s'offre à lui comme trop petit ?

Lui ne sait pas qu'il peut exercer sa toute puissance et le bouillonnement de son imaginaire aussi dans le silence de la concentration.
Il ne sait pas que la durée est un espace d'accueil grand comme le ciel pour lui permettre d'exister joyeusement et de transformer ce qu'il ressent pour se construire.
Il ne sait pas qu'il peut réellement s'épater lui-même de ce qu'il est capable de faire dans la lenteur et paisiblement. 
Il avance en boxant la vie.



























Les travaux que je présente ici sont ceux d'une petite fille qui entre l'âge de 6 et 10 ans, désespérait tant ses parents que le corps enseignant. Après chaque séance, sa mère était sidérée de retrouver une gamine d'un calme olympien.
Forcément !
Comme mon lieu de travail est juste à côté d'un grand parc, nous commencions chaque fois par jouer à réviser mathématique, tables de multiplications, géométrie, tel qu'elle adorait... c'est à dire en faisant la roue pour décrire les figures ou nommer ainsi les chiffres.
Puis je l'ai mise très vite à la sculpture sur pierre. Idem : Elle s'apaisait incroyablement, tout en se racontant très librement comme elle savait le faire naturellement auprès de moi.
Puis un jour, je l'ai fait se coucher par terre, sur une très grande feuille de papier et j'ai dessiné les contours de son corps superposés, dans divers postures. Hélas,je n'ai pas photographié cet ouvrage alors qu'il fut déterminant. Il mesurait environ 2,5m sur 1m. Nous l'avons entièrement colorié ensemble avec des feutres à pointes fines. Cela a dû prendre une bonne dizaine de séances de 2h chacune. A partir de là, cette petite fille a su qu'elle était dotée d'une patience inouïe dès lors qu'elle était en confiance face à une tâche qu'elle aimait.



Ainsi a t'on pu passer à la vitesse supérieure au gré de ses apprentissages.
Entre parole déliée, dessin au fil continu et écriture, le lien s'est fait tout seul. A l'évidence elle souffrait précisément d'une vision trop grande déposée sur elle depuis les début de son âge. Elle sentait qu'on n'appréciait pas qu'elle ait à passer par l'enfance.
Du coup, se sentait-elle très mal avec ses dessins juvéniles.
Qu'à cela ne tienne, on a vu grand.
_ Tu veux savoir peindre comme un grand artiste adulte ? ...lui ai-je demandé. Pas de soucis : nous avons attaqué Monet sur des grands formats. Certes elle s'est épatée elle-même, mais surtout, elle a pu enfin combler sa mère sidérée des toiles peintes à l'huile.




 Nous en étions au 3ème tableau touche par touche. Elle s'attaquait au pont du jardin de Giverny. A la moitié, lasse de répéter une gestuelle épatante certes, mais sans surprise, elle a décidé de retourner à ses dessins d'enfants qu'elle s'est remise à balbutier graphiquement. Elle avait assez comblé sa mère.
S'étant prouvé qu'elle pouvait faire "plus grand qu'elle", finalement, elle n'aspirait plus qu'à retrouver son âge.
Alors nous sommes allées au Musée Monet la séance suivante, pour dire au revoir à "cette peinture de grand" qui l'a fait rire en voyant les tableaux réels dont elle s'était inspiré, désacralisant haut et fort une technique qu'elle avait fini par tutoyer.

Ultime étape vers sa bonne santé de petite fille .





mercredi, décembre 21, 2016

Créer c'est revenir à l'origine du sujet.

Créer, c’est revenir à l’origine, l’origine du monde, revenir à l’origine du sujet.
Créer fait acte de donner l’existence, de tirer du néant.
  Lorsque j'invoque l'origine du sujet, c'est de l'histoire du sujet et de sa famille qu'il s'agit !
C'est chaque fois du côté de la clinique et de la psychanalyse que je me situe pour écouter et entendre ce que le sujet tient à me dire de sa "création".
Les processus créatif se fondent sur un besoin constant d'aller voir autrement. Ils permettent  au sujet de rester en vie, de survivre.
  Cette posture n’est cependant pas sans risques, car le sujet ne parvient pas forcément à réparer ses objets d’amour pour se sentir vivant.
A mes yeux, l'art est avant tout un puissant médiateur  d’expression de soi.
Ce n’est pas une finalité. C'est un chemin.
C'est un médiateur parmi d'autres nombreux qu'il est possible d'utiliser en vue de se révéler à soi-même.
La véritable création  provient d’artistes qui n’ont pas d’autre choix que d’entrer en Art comme on entre en religion !
C. Cisinski




























Exemple d'une création de l'origine du sujet  voire du monde
































mardi, janvier 12, 2016

Pourquoi ? Parce que c'est ça.


Peindre ou dessiner en fait, indique tout bonnement un rapport au temps.

On ne peut pas dire seulement que ça décrit cette relation. C’est le choix d’un temps qui en amont, habite plus ou moins sciemment l’oeuvre autant que l’artiste.
Mon plaisir personnel s’opère dans la durée.
 Que je dessine , c’est à dire que je tende à m’exprimer d’un trait, alors je vais m’y mettre avec l’ouverture d’un temps infini pour aller vers le dessin juste, en traversant toute une suite dont j’admets par avance, la succession nécessaires des passages, parfois peu gratifiants.
Pour la photo qui joue de l’immédiateté, je m’y prends de la même manière. Je suis de ces personnes « qui mitraillent » et qui tiennent à donner à voir le déroulement des images accompagnant un mouvement.
 Autant dire que face à une toile, il ne saurait être question de se satisfaire du premier jet.
 Le rapport au temps alors revient à s’offrir une savoureuse relation avec la peinture elle-même. L’idée est de lui donner « de la matière » ceci, dans tous les sens du terme.
Il s’agit d’offrir à cet acte de peindre, de quoi converser, de quoi échanger, de quoi se demander ce qu’il veut bien me dire d’une vérité qui s’anime en moi, à cet instant. Et « ça peint » en soi , c’est à dire que le plaisir est de se déposséder d’une volonté de maîtrise. Le « lâcher- prise » est maître de jeu et ce n’est pas peu dire. Du coup, je me vois au début de chaque toile, en train de donner et de donner encore, une foule d’éléments dont il va falloir que je me débrouille longtemps, sans savoir comment ni vers où j’accèderai à la réalisation du tableau.
 Ma seule certitude vivifiante, tient dans le but que je me promets d’atteindre : ça fera un tableau qui se tient en temps et heure. Tout le plaisir est contenu dans cette traversée, sur cette voie ouverte vers nulle part, au fil du temps a priori infini.


On ne part pas vers un chemin de connaissance, mais plus exactement, on arpente une voie de reconnaissance.
Ma conviction est que tout est là dans la nature et habite en nous, dès notre naissance.
Or, le fait est, que parachuté au monde à l’état de prématuré, il s’avère obligatoire de passer par un
« formatage » culturel et familial.
Toute notre vie ensuite consiste à quitter les dictats et carcans (dé)formateurs puisque c’est par-delà l’horizon indiqué, que seulement, selon nos pas choisis, il est possible de trouver, voire de retrouver cette connaissance initiale, provenue de l’origine.

Car « nous sommes au monde ! » ... Ne pas confondre « création » et invention ».
Ça tombe pile ! Le parcours se mesure, s’ouvre à l’infini vers nulle part.
Ainsi une  démarche n’a de réponse qu’un « parce que », si on demande « pourquoi ? ».

Parce que c'est ça.



vendredi, novembre 27, 2009

Quel régal de lire Bachelard si attentif à la puissance de l'image...

Voici ce qui peut tenir lieu d'une introduction à sa "Poétique de l'espace".

"... L’image poétique échappe à la causalité. De là, sa gravité. Comment une image parfois très singulière peut-elle apparaître comme une concentration de tout le psychisme ? Sont associés l’acte de conscience donatrice et le produit le plus fugace de la conscience : l’image poétique.

C’est une question de présence, soit d’abandon des savoirs. L’image dans sa simplicité n’a pas besoin d’un savoir. Elle est toujours origine du langage. Elle se situe avant la pensée.

Il faut s’y jeter au centre, au cœur, au rond-point où tout prend sa source et son sens.




 


Et voilà que se retrouve le mot oublié ou réprouvé, « l’âme », lumière intérieure, vision intérieure, véritable renversement des perspectives psychologiques réclamé par celui qui veut comprendre en aimant.

Un peintre qui parle peinture, sait qu’il est producteur de lumières. Il sait de quel foyer part l’illumination. Dans les poèmes se manifestent des forces qui ne passent pas par les circuits d’un savoir, et les causes alléguées par le psychologue ou le psychanalyste ne peuvent jamais bien expliquer le caractère inattendu de l’image poétique. La rêverie est une instance psychique qu’on confond trop souvent avec le rêve. L’esprit peut connaître une détente, mais dans la rêverie poétique, l’âme veille, sans tension, reposée et active. Avant d’émouvoir la surface, l’image touche les profondeurs. Elle est un être nouveau de notre langage. Elle est à la fois un devenir d’expression, et un devenir de notre être, l’expression créée de l’être. En cela, le psychanalyste qui intellectualise l’image, perd son retentissement, tout occupé qu’il est à débrouiller l’écheveau de ses interprétations. Pour lui, elle a toujours un contexte. Or la conscience imaginante est origine. Rien ne prépare une image poétique, surtout pas la perception dans le mode psychologique. L’image poétique pose purement le problème de la créativité de l’être parlant.





 

Il y aurait de la part de chacun une véritable immodestie à assumer une puissance de lecture qui retrouverait et revivrait la puissance de création organisée et complète touchant l’ensemble d’un poème, d’un tableau, d’une musique, enfin, d’une image poétique sous tout support de langage choisi. Adonnés à la lecture ( ou la vision ou l’écoute)heureuse, nous ne lisons, ne retenons que ce qui nous plaît, avec un petit orgueil de lecture mêlé à beaucoup d’enthousiasme. En tous les cas, tout lecteur qui relit une œuvre poétique qu’il aime, sait que les pages aimées le concernent.

Un grand vers peut avoir une grande influence sur l’âme d’une langue. Il réveille des images effacées, et en même temps, il sanctionne l’imprévisibilité de la parole. Or rendre imprévisible la parole, n’est-il pas un apprentissage de la liberté ?

L’image poétique échappe à la causalité. De là, sa gravité. Comment une image parfois très singulière peut-elle apparaître comme une concentration de tout le psychisme ? Sont associés l’acte de conscience donatrice et le produit le plus fugace de la conscience : l’image poétique.

C’est une question de présence, soit d’abandon des savoirs. L’image dans sa simplicité n’a pas besoin d’un savoir. Elle est toujours origine du langage. Elle se situe avant la pensée.

Il faut s’y jeter au centre, au cœur, au rond-point où tout prend sa source et son sens.Et voilà que se retrouve le mot oublié ou réprouvé, « l’âme », lumière intérieure, vision intérieure, véritable renversement des perspectives psychologiques réclamé par celui qui veut comprendre en aimant.

Un peintre qui parle peinture, sait qu’il est producteur de lumières. Il sait de quel foyer part l’illumination. Dans les poèmes se manifestent des forces qui ne passent pas par les circuits d’un savoir, et les causes alléguées par le psychologue ou le psychanalyste ne peuvent jamais bien expliquer le caractère inattendu de l’image poétique. La rêverie est une instance psychique qu’on confond trop souvent avec le rêve. L’esprit peut connaître une détente, mais dans la rêverie poétique, l’âme veille, sans tension, reposée et active. Avant d’émouvoir la surface, l’image touche les profondeurs. Elle est un être nouveau de notre langage. Elle est à la fois un devenir d’expression, et un devenir de notre être, l’expression créée de l’être. En cela, le psychanalyste qui intellectualise l’image, perd son retentissement, tout occupé qu’il est à débrouiller l’écheveau de ses interprétations. Pour lui, elle a toujours un contexte. Or la conscience imaginante est origine. Rien ne prépare une image poétique, surtout pas la perception dans le mode psychologique. L’image poétique pose purement le problème de la créativité de l’être parlant.







Il y aurait de la part de chacun une véritable immodestie à assumer une puissance de lecture qui retrouverait et revivrait la puissance de création organisée et complète touchant l’ensemble d’un poème, d’un tableau, d’une musique, enfin, d’une image poétique sous tout support de langage choisi. Adonnés à la lecture ( ou la vision ou l’écoute)heureuse, nous ne lisons, ne retenons que ce qui nous plaît, avec un petit orgueil de lecture mêlé à beaucoup d’enthousiasme. En tous les cas, tout lecteur qui relit une œuvre poétique qu’il aime, sait que les pages aimées le concernent.

Un grand vers peut avoir une grande influence sur l’âme d’une langue. Il réveille des images effacées, et en même temps, il sanctionne l’imprévisibilité de la parole. Or rendre imprévisible la parole, n’est-il pas un apprentissage de la liberté ?

L’atomisme du langage conceptuel réclame des raisons de fixation, des forces de centralisation.

Très nettement, l’image poétique apporte une des expériences les plus simples de langage vécu.
Chercher des antécédents à une image, alors qu’on est dans l’existence même de l’image, c’est une marque invétérée de psychologisme. Or la poésie dépasse constamment ses origines, et pâtissant plus loin dans l’extase ou le chagrin, elle demeure plus libre. L’effet de sublimation surplombe la psychologie de l’âme terrestrement malheureuse. C’est un fait : la poésie possède un bonheur qui lui est propre. Le psychanalyste peut bien étudier l’humaine nature des poètes, mais il n’est pas préparé, du fait de son séjour dans la région passionnelle, à étudier les images poétiques dans leur réalité de sommet.
Dès qu’un art devient autonome, il prend un nouveau départ.
Même dans un art comme la peinture, qui porte le témoignage d’un métier, les grands savoirs sont hors métier.
Il faut donc que le savoir s’accompagne d’un égal oubli du savoir.
Le non - savoir n’est pas une ignorance, mais un acte difficile de dépassement de la connaissance. C’est à ce prix qu’une œuvre est à chaque instant cette sorte de recommencement pur qui fait de sa création un exercice de liberté. S’il y a un métier c’est dans la tâche subalterne d’associer des images.
L’art est un redoublement de vie, une sorte d’émulation dans les surprises qui excitent notre conscience et l’empêche de somnoler.



 
Souvent, l’image poétique est à tort, confondue avec la simple métaphore. Fruit de l’imagination proprement dite, sa production d’images est comme une puissance majeure de la nature humaine. Dans ses vives actions, elle nous détache à la fois du passé et de la réalité. Elle ouvre sur l’avenir. L’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre : il est vécu.
… Vécu non pas dans sa positivité, mais avec toutes les particularités de l’imagination tel qu’elles nous habitent intimement. Car non seulement nos souvenirs, nos oublis, sont logés en nous, de même notre inconscient est logé. « Notre âme est une demeure ».
Ainsi, une recherche sur les images de l’intimité pose de fait, le problème de la poétique de la maison.
La maison de l’homme peut-être prise pour la maison des choses.
… maison des tiroirs, des coffres, des armoires. Que de psychologie sous leurs serrures ! Chacune porte en soi une sorte d’esthétique du caché. Croyant parfois étudier les choses, on s’ouvre seulement à un type de rêveries. Dans nos maisons mêmes, ne trouvons-nous pas des réduits et des coins où nous aimons nous blottir ? N’habite avec intensité que celui qui a su se blottir.
La maison est, de toute évidence, un être privilégié, en la prenant à la fois dans son unité et sa complexité, en vue d’y intégrer toutes les valeurs particulières dans une valeur fondamentale. La maison fournit à la fois des images dispersées et tout un corps d’images.
Dans l’un et l’autre cas, l’imagination augmente les valeurs de la réalité".

mardi, août 28, 2007

Ce qui se dit....



Quelque soit la langage utilisé, la parole opère dans le vif du sujet, une délivrance.
De ce point de vue,
accueillir une parole en face à face ou bien écrite à distance par mails,
ou bien une parole dessinée ou peinte,,
revient dans tous les cas,
à devoir réfléchir un discours
comme le ferait un miroir.
La question est d'accompagner toute personne,
selon le medium le mieux adapté,
le plus familier, le plus attractif.

Les processus d'échange et de soutien
restent les mêmes.
Les techniques d'analyses sont d'autant avivées
qu'elles s'effectuent
par traces successives.

La progression du chemin parcouru au fil du temps
évolue d'abord vers la satisfaction d'une construction.

Puis elle se trouve ensuite entravée et détournée,
sous l'effet de résidus dont on n'avait pas anticiper
l'activité inconsciente.



"Les paroles s'envolent...
Les écrits restent".
En ce sens une psychanalyse classique balbutie souvent avec le temps.

En choisissant un support qui laisse des traces,
le procédé de déconstruction d'une histoire personnelle
trouve ipso facto
un remembrement,
une manière lisible immédiate
de recoller des morceaux bout à bout,
de ressaisir de visu, des enjeux oubliés.

Redire, défaire, refaire,
au bout du compte, se banalise.
Et par ce mouvement,
s'édifie un ouvrage progressivement,
aux allures artistiques.


Il devient évident qu'on aborde l'acte de créer,
en donnant à voir
l'inventaire d'un monde singulier,
où le Sujet se reconnaît tout entier projeté.


vendredi, juin 09, 2006


La pratique d'un art est naturellement une catharsis.
Elle s'opère par le franchissement d'une porte comme celle d'Alice, pour se refaire, comme le joueur qui risque encore et encore sa chance de réparer, de reconstruire sa mise.
L'artiste ne se sent pas différent de ceux à qui il donne à voir ou à entendre ce qu'il crée. Simplement, il connaît cette sorte de transe momentanée qui ne lui ôte ni la clarté de sa vision, ni la sûreté de son trait, mais le répand au-delà de lui-même, dans un abandon que recueille sa toile et qui fera d'elle ce que d'autres appelleront "une oeuvre".
Lui ne sait pas que c'est une oeuvre; il sait juste que ce qu'il a éprouvé est sans mesure,n'a point de nom,ne supporte aucun commentaire. Il a suivi un souffle qui passe fécond, et s'éloigne.
Qu'il soit peintre, poète, sculpteur ou musicien ne change rien à l'expérience créatrice en son fond. C'est bien pourquoi le peintre peut passer à l'écriture, philosopher ou décider à tout moment de son parcours, de s'approprier les outils qui l'inspirent.
Les arts sont des dialectes d'une même langue originelle et silencieuse, mais qui parle toujours au coeur de l'oeuvre.
L'art-thérapie est un espace transitionnel, le champ d'accueil en extension des thérapies claissiques, où les mots proviennent de l'expérience créatrice, installent des balises, des bouées, des repères.
L'art-thérapie réfléchit une sorte de carte intime, renvoie de visu, le tracé d'un fonctionnement qui se lit, s'entend, se donne à voir.
En ce sens, la parole déployée se matérialise, incarne l'identité du sujet qui s'interroge et dans l'acte, se reconstruit, se refait donc, comme sur un tapis vert.
A suivre....