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dimanche, février 16, 2020

Imaginons que le temps rebrousse son chemin et que je continue d'aimer

Résumé
L’art que depuis l’enfance j’exerce naturellement, témoigne d’un protocole fondé sur la conviction intime
qu’une vérité est possible.
L’idée ne désigne pas un but à atteindre,
mais plus humblement une promesse d’un chemin
ne tolérant aucune altération.
Rien n’aura constitué plus d’importance
que d’être à ce jour sans passif, c’est
-à-dire présente à la vie,
faiseuse d’actes responsables.
La fréquentation des Beaux-Arts et des ateliers de psychanalyse, en parallèle de sa démarche ouverte à l’étude des religions à travers le monde, aura permis à Catherine Catski Cisinski d’obtenir le diplôme du Collège International de Philosophie du ministère de la Recherche de Paris, lui conférant la légitimité d’artiste peintre, de psychanalyste et d’art- thérapeute. Elle a également réalisé la recherche et l’illustration graphique de « L’encyclopédie des civilisations et des religions à travers le monde » de Ysé Tardan Masquelier et de Frédéric Lenoir, publiée chez Bayard.

lundi, décembre 17, 2018

Harcèlement /discrimination / Violences


  

      Plutôt que la vision binaire entre le bien et le mal de la morale, n'est-il pas préférable d’interroger le problème à sa racine ?
                   Ainsi peut-on se demander ce qu’il y a de véritablement étonnant à ce qu’une société hédoniste, narcissique, fondée sur une concurrence spéculaire acharnée, puisse développer en aveugle, autre chose qu’un effacement progressif de l’altérité, avec tout le chapelet des effets secondaires en  queue de comète ?
                                    Rapportons-nous à Paul Ricœur : « Le chrétien et la civilisation occidentale »,
_  « Les valeurs sont à la vie morale ce que les racines sont à l’arbre ».

            Les valeurs comme fondement de la vie sociale
Un trait fondamental de notre existence, de notre condition historique et corporelle, c’est que nous appartenons à une certaine aventure qui a des contours géographiques et historiques et qui charrie certaines valeurs ; celles-ci tout à la fois nous baignent, nous portent, nous limitent, et pourtant ne se soutiennent que par notre comportement et notre action.
Par « valeurs », on entend « des vertus privées et sociales, qui sont pratiquées par une élite ou par la masse, qui sont des jugements, des appréciations, ou des mœurs effectivement pratiquées, qui sont des sentiments ou des maximes rationnelles
                  Au niveau fondamental, l’action obéit déjà à des normes, règles pratiques originaires ou évaluations plus ou moins fortes, au sens où l’agir humain est toujours l’objet d’une appréciation ou d’un blâme.
Les estimations les plus stables de la conscience collective font déjà partie intégrante de l’identité personnelle.
Les théories éthiques supposent que nous sommes toujours déjà préformés par des idées normatives, c’est-à-dire des valeurs, dans lesquelles nous avons été élevés et qui sont à la base de l’ordre social. L’ordre du valoir est un « présupposé » ou même un « a priori » dans la compréhension à la fois de l’action et du sujet.

                  .. Car « L’ignorance a ceci de particulier, qu’elle n’a ni beauté ni bonté, ni science. Et celui qui ne sait pas ce qui lui manque, il ne peut le désirer » 


       

L’enjeu qui se pose concerne la question de l’altérité.

            Le rapport à ce qui est autre, à ce qui est extérieur à soi.
A ce qui ne nous appartient pas, qui ne nous est pas dû, qui ne nous regarde pas, sur lequel nous n’avons aucun droit.

Ce qui est refoulé concerne la puissance de la sexualité dont la frustration misérable est totalement déniée.

                  Est posé comme acquis un rapport au corps et au plaisir totalement épanoui et partagé quelques soient les âges, les milieux sociaux, les cultures, les histoires personnelles.
                  Se rajoute le déni de la multitude d’outils de l’image offerts dès la jeune enfance, diffusant les dictats d’une sexualité brutale sans mesure donnant à voir « ce qu’il faut faire, ou laisser faire, parce que ce serait ça, comme ça, avec de l’autre à consommer immédiatement ».
                  Où sont les cours d’analyse de l’image, et de l’usage des réseaux sociaux ?

                  N’est même pas mis en rapport la sexualité en tant que langage du corps pour dire l’amour qui se fait dans le prolongement de la parole du poète qui dans le même sens cultive l’aire des mots.
                 
                  Est non moins refoulé et coulé dans le bronze, l’accompagnement adulte des professionnels de l’éducation, qui depuis des décennies, par un même unique cours au collège se contentant de montrer les organes masculins et féminins de la reproduction, alors que des sites pornographiques sont  à disposition dans le portable des enfants, dans leurs ordinateurs ou tablettes, qu’ils ont accès aux réseaux sociaux avec l’ignorance totale du cloisonnement entre l’intime et le publique grâce à leurs parents inconscients eux-mêmes, qui déjà les offrent en images à la terre entière depuis leur premier biberon, comme des enfants objets..
                  
 En tant que psy, parmi mes patients, je peux dire que 1 enfant sur 3 est victime de pédophilie rien que dans sa famille.

                  



 C’est dans ce contexte avec tous les éléments envisagés, que fait sens de poser la question du rapport à l’autre dépourvu d’un étonnement irrecevable si moralisateur, à bien considérer les causes:
 
          L'urgence est d'instruire, c'est à dire d'éduquer à la citoyenneté.

                                                                             Catherine Catski Durand Cisinski

samedi, novembre 10, 2018

Le geste créatif auteur - acteur de ses démantèlements.

Celui qui crée  est auteur - acteur de ses démantèlements
et de sa propre restauration donnée à voir.

Il fait acte de défier ses retranchements.

Si ça crée, si ça produit,
c'est grâce au soulèvement d'une confrontation en actes
entre dualités paradoxales mises en présence,
entre vie et mort,
entre exaltation et désespoir,
entre découvertes et recouvrements,
entre désirs et nécessités.





































le dessin d'une jeune patiente en quête...

mardi, septembre 11, 2018

... Des forces de l'éducation.

Si l'éducation ne fait pas tout, au moins peut-on se dire qu'elle participe à la formation du jugement et de la sensibilité.
L'enfant est d'autant réceptif, que ses parents le furent.
Combien d 'enfants portent les résistances de leurs propres parents, ces derniers ayant déposé une forme de restauration, voire de compensation sur leurs jolies "têtes blondes".
Or chaque personne est unique.

jeudi, septembre 06, 2018

L'enfant qu'on fut... l'enfant confus





 




























1/ On démarre bien dans la vie, avec
_ Un attachement affectif Secure qui permet de construire du sens a posteriori
_ Induit une capacité de mentalisation c’est à dire de représentation mentale

2/ Un enfant souriant, joyeux, très actif développe plus facilement  un désir d’apprendre,
de comprendre, de trouver de quoi mettre en place, inventer, un autre moyen de développement

3/ Un enfant bien accueilli, bien aimé va pouvoir grandir dans une sorte de niche confortable qui lui délivrera de quoi affronter des cassures, de quoi instaurer en lui le plaisir d’un sentiment de paix, d’autant qu’autour de lui, il aura de quoi se sentir sécurisé par une ou plusieurs personnes de son entourage, par des rituels dont il saura faire des jeux jusqu’à être capable de trouver de quoi rire là où séjourne le drame.

4/ Nous sommes constitués de traces de vie qui nous enchantent, nous hantent, nous subliment, nous sidèrent lorsqu’elles sont liées à l’innommable, elles nous repèrent, ou nous perdent, ou encore nous trompent.
L’art comme le récit dans un travail psy, les rappellent à leur façon.

5/ L’enfant bien nourri en amont du point de vue affectif est bien parti dans la vie, car il peut être en mesure d’affronter le malheur par des procédés ludiques de transformation, sachant simultanément créer une forme d’équilibrage par la réparation simultanée de fissures opérées.

6/ Quand les bases de sécurité sous quelque forme que ce soit  sont transmises à l’enfant, il acquière simultanément le désir de comprendre et d’édifier spontanément des schémas de comportement résilients.

Toutefois rien n’est jamais certain : des traînées de poudres trans-générationnelles peuvent intervenir sournoisement et ternir le tableau d’une jeune vie en perspective. La certitude n’est jamais reine face aux possibles de la vie.






mardi, janvier 10, 2017

L'enfant hyper actif

L'enfant hyper actif, est juste plus grand que ce à quoi on pourrait s'attendre de lui. Ne dit-on pas qu'il "déborde d'énergie".
C'est un gourmand de la vie puisqu'on reconnait qu'il est "insatiable"... "Impossible d'en venir à bout" !

Aussi, pourquoi le contraindre ?
Pourquoi vouloir rétrécir son champ de vision ?















































Pourquoi ne pas aller le chercher, voire l'accompagner, lui tenir la main et l'anticiper, en tous cas, pourquoi ne pas lui ouvrir ce qui s'offre à lui comme trop petit ?

Lui ne sait pas qu'il peut exercer sa toute puissance et le bouillonnement de son imaginaire aussi dans le silence de la concentration.
Il ne sait pas que la durée est un espace d'accueil grand comme le ciel pour lui permettre d'exister joyeusement et de transformer ce qu'il ressent pour se construire.
Il ne sait pas qu'il peut réellement s'épater lui-même de ce qu'il est capable de faire dans la lenteur et paisiblement. 
Il avance en boxant la vie.



























Les travaux que je présente ici sont ceux d'une petite fille qui entre l'âge de 6 et 10 ans, désespérait tant ses parents que le corps enseignant. Après chaque séance, sa mère était sidérée de retrouver une gamine d'un calme olympien.
Forcément !
Comme mon lieu de travail est juste à côté d'un grand parc, nous commencions chaque fois par jouer à réviser mathématique, tables de multiplications, géométrie, tel qu'elle adorait... c'est à dire en faisant la roue pour décrire les figures ou nommer ainsi les chiffres.
Puis je l'ai mise très vite à la sculpture sur pierre. Idem : Elle s'apaisait incroyablement, tout en se racontant très librement comme elle savait le faire naturellement auprès de moi.
Puis un jour, je l'ai fait se coucher par terre, sur une très grande feuille de papier et j'ai dessiné les contours de son corps superposés, dans divers postures. Hélas,je n'ai pas photographié cet ouvrage alors qu'il fut déterminant. Il mesurait environ 2,5m sur 1m. Nous l'avons entièrement colorié ensemble avec des feutres à pointes fines. Cela a dû prendre une bonne dizaine de séances de 2h chacune. A partir de là, cette petite fille a su qu'elle était dotée d'une patience inouïe dès lors qu'elle était en confiance face à une tâche qu'elle aimait.



Ainsi a t'on pu passer à la vitesse supérieure au gré de ses apprentissages.
Entre parole déliée, dessin au fil continu et écriture, le lien s'est fait tout seul. A l'évidence elle souffrait précisément d'une vision trop grande déposée sur elle depuis les début de son âge. Elle sentait qu'on n'appréciait pas qu'elle ait à passer par l'enfance.
Du coup, se sentait-elle très mal avec ses dessins juvéniles.
Qu'à cela ne tienne, on a vu grand.
_ Tu veux savoir peindre comme un grand artiste adulte ? ...lui ai-je demandé. Pas de soucis : nous avons attaqué Monet sur des grands formats. Certes elle s'est épatée elle-même, mais surtout, elle a pu enfin combler sa mère sidérée des toiles peintes à l'huile.




 Nous en étions au 3ème tableau touche par touche. Elle s'attaquait au pont du jardin de Giverny. A la moitié, lasse de répéter une gestuelle épatante certes, mais sans surprise, elle a décidé de retourner à ses dessins d'enfants qu'elle s'est remise à balbutier graphiquement. Elle avait assez comblé sa mère.
S'étant prouvé qu'elle pouvait faire "plus grand qu'elle", finalement, elle n'aspirait plus qu'à retrouver son âge.
Alors nous sommes allées au Musée Monet la séance suivante, pour dire au revoir à "cette peinture de grand" qui l'a fait rire en voyant les tableaux réels dont elle s'était inspiré, désacralisant haut et fort une technique qu'elle avait fini par tutoyer.

Ultime étape vers sa bonne santé de petite fille .





mercredi, décembre 21, 2016

Créer c'est revenir à l'origine du sujet.

Créer, c’est revenir à l’origine, l’origine du monde, revenir à l’origine du sujet.
Créer fait acte de donner l’existence, de tirer du néant.
  Lorsque j'invoque l'origine du sujet, c'est de l'histoire du sujet et de sa famille qu'il s'agit !
C'est chaque fois du côté de la clinique et de la psychanalyse que je me situe pour écouter et entendre ce que le sujet tient à me dire de sa "création".
Les processus créatif se fondent sur un besoin constant d'aller voir autrement. Ils permettent  au sujet de rester en vie, de survivre.
  Cette posture n’est cependant pas sans risques, car le sujet ne parvient pas forcément à réparer ses objets d’amour pour se sentir vivant.
A mes yeux, l'art est avant tout un puissant médiateur  d’expression de soi.
Ce n’est pas une finalité. C'est un chemin.
C'est un médiateur parmi d'autres nombreux qu'il est possible d'utiliser en vue de se révéler à soi-même.
La véritable création  provient d’artistes qui n’ont pas d’autre choix que d’entrer en Art comme on entre en religion !
C. Cisinski




























Exemple d'une création de l'origine du sujet  voire du monde
































lundi, janvier 25, 2016

Les dessins poudre d'étoiles...


















Parfois, il m'arrive de redécouvrir les traces des chemins d'enfants.
Car ils n'ont pas tout emporté au fur et à mesure.


Contrairement à mes confrères, relater les histoires familiales n'est
pas chose possible sans que j'en perçoive l'irrespect, voire une vive
trahison d'une confiance offerte.
Montrer ces quelques dessins comme témoignages d'un parcours
figure a contrario mon plaisant hommage.

mardi, janvier 19, 2016

Fi de la "norme étalon" !



... Car il n’existe aucune norme étalon !
Dans le champ de l’art, partir d’un diagnostique n'a guère de sens.
Une pathologie, nous dit Canguillem,
c’est le pouvoir de créer une nouvelle organisation du vivant,
donc « une norme singulière » qui va.

Vivre, ni plus ni moins, revient à traverser des états vitaux selon des variations surprenantes.
Et c’est l’expérience négative de la maladie,
qui ouvre la conscience d’un certain point de vue de la vie ».
Pour le thérapeute, il s’agit de délivrer un sas espace/temps,
l’entre- deux d’une expérimentation tranquille pour le patient.
Le processus d’une évolution est ainsi lancé,
d’où surgit la création féconde, comme une limite à franchir.

Au coeur même de la création, ça évolue.
On assiste à l’émergence d’une parole d’avant l’acquis des mots.
Ici, l’acte créatif fondamental
est que simultanément l’être se fait parlant.
Il nomme. Il se sépare de lui-même pour appeler,
mettre du verbe sous le signe d’un dire qui limite et ouvre,
afin de se rejoindre, de se reconnaître dans l’affirmation
de ce qu’il prend soin de re- présenter.































Une pathologie peut en quelque sorte être mise en scène,
au titre d’une expérience spirituelle,
sachant, comme l’exprimait Artaud,
« que la privation de la vie
renseigne d’avantage que la suffisance,
d’où l’invention prolifique dans l’oeuvre ».

C’est donc à l’extrême créativité du patient,
dans les choix de sa mise en oeuvre,
que l’analyste a affaire.































L’être en vie, est plastique à tous niveaux.
Il est donc nécessaire de prendre soin
de la singularité des désirs paradoxaux du sujet
qui souvent tient à son symptôme
comme le pilier fondateur de son identité.
« Alors, on doit se demander _ comme l’indique Lacan,
par quels moyens opérer honnêtement avec le désir",
et comment le préserver de ce qu’on peut appeler une relation simple
ou salubre en rapport à cet acte en quelque sorte héroïque.

mardi, janvier 12, 2016

Pourquoi ? Parce que c'est ça.


Peindre ou dessiner en fait, indique tout bonnement un rapport au temps.

On ne peut pas dire seulement que ça décrit cette relation. C’est le choix d’un temps qui en amont, habite plus ou moins sciemment l’oeuvre autant que l’artiste.
Mon plaisir personnel s’opère dans la durée.
 Que je dessine , c’est à dire que je tende à m’exprimer d’un trait, alors je vais m’y mettre avec l’ouverture d’un temps infini pour aller vers le dessin juste, en traversant toute une suite dont j’admets par avance, la succession nécessaires des passages, parfois peu gratifiants.
Pour la photo qui joue de l’immédiateté, je m’y prends de la même manière. Je suis de ces personnes « qui mitraillent » et qui tiennent à donner à voir le déroulement des images accompagnant un mouvement.
 Autant dire que face à une toile, il ne saurait être question de se satisfaire du premier jet.
 Le rapport au temps alors revient à s’offrir une savoureuse relation avec la peinture elle-même. L’idée est de lui donner « de la matière » ceci, dans tous les sens du terme.
Il s’agit d’offrir à cet acte de peindre, de quoi converser, de quoi échanger, de quoi se demander ce qu’il veut bien me dire d’une vérité qui s’anime en moi, à cet instant. Et « ça peint » en soi , c’est à dire que le plaisir est de se déposséder d’une volonté de maîtrise. Le « lâcher- prise » est maître de jeu et ce n’est pas peu dire. Du coup, je me vois au début de chaque toile, en train de donner et de donner encore, une foule d’éléments dont il va falloir que je me débrouille longtemps, sans savoir comment ni vers où j’accèderai à la réalisation du tableau.
 Ma seule certitude vivifiante, tient dans le but que je me promets d’atteindre : ça fera un tableau qui se tient en temps et heure. Tout le plaisir est contenu dans cette traversée, sur cette voie ouverte vers nulle part, au fil du temps a priori infini.


On ne part pas vers un chemin de connaissance, mais plus exactement, on arpente une voie de reconnaissance.
Ma conviction est que tout est là dans la nature et habite en nous, dès notre naissance.
Or, le fait est, que parachuté au monde à l’état de prématuré, il s’avère obligatoire de passer par un
« formatage » culturel et familial.
Toute notre vie ensuite consiste à quitter les dictats et carcans (dé)formateurs puisque c’est par-delà l’horizon indiqué, que seulement, selon nos pas choisis, il est possible de trouver, voire de retrouver cette connaissance initiale, provenue de l’origine.

Car « nous sommes au monde ! » ... Ne pas confondre « création » et invention ».
Ça tombe pile ! Le parcours se mesure, s’ouvre à l’infini vers nulle part.
Ainsi une  démarche n’a de réponse qu’un « parce que », si on demande « pourquoi ? ».

Parce que c'est ça.



vendredi, décembre 27, 2013

Cet "amour de symptôme"...


A quoi sert le symptôme  en tant que « saint-homme », 
si on ne lui délègue  le pouvoir de parler à notre place 
de ce qu’on a à dire.
Il est inattaquable puisqu’en lui, tout nous échappe. 
Il n’est pas volontaire. 

          Du coup, ce n’est pas notre faute.
De ce fait, le symptôme,
 au même titre que le rêve,  rend service.
Il dit « je vous emmerde » ou bien :
_ « vous ne m’aurez pas comme ça, voyez, 
je suis ailleurs et je ne peux pas être ou faire mieux».
On délègue au symptôme notre pleine puissance à jouir d’une résistance, désencombrée de  la moindre culpabilité..

     Le symptôme dit comment et de quoi on jouit.
      C’est en cela qu’il est si précieux et qu’on y tient.

Il fait exister ce à quoi on ne renonce pas, une forme de résidus têtu qui réfléchit une sainteté, justement à l’endroit de notre culpabilité la plus ancrée.
Une dualité de principe, s’instaure :
D’un côté, on se rend coupable de résister via le symptôme.
En même temps, en le laissant parler à notre place, on devient l’innocent de qui tout s’échappe involontairement.
Enfin, quelque part,  c’est pratique, quoi !

De là à construire son identité sur cet échappatoire, 
il y a un pas qu’on franchit aisément vers autrui, qui doit porter de ce fait, ce qu’on lui dépose de visu. Et là, coupable ou pas, ça fait jouir !

C. Cisinski