lundi, septembre 27, 2010

LE NON-DESSIN




Bien plus que l'enseignement encore, 
l'art-thérapie a ceci de passionnant :
_ on part de rien, voire du "non-dessin".
_ Personne n'est là pour faire carrière.
_ Chacun arrive pour raison de blocages annoncés.

C'est clair. Tout est à faire.
Pour transmettre de quoi s'exprimer graphiquement en plus de la parole, 
il y a à fournir deux sortes de caisses à outils :

1/ celle qui contient les mots.
2/ celle qui contient les gestes.
En fait, aucune ne fonctionne sans l'autre.















En effet, question blocage face à l'acte de dessiner, que ce soit l'enfant ou l'adulte, 
il est comme face à l'acte de vivre. Cela se manifeste au même endroit : 
_ par où commencer ?


 
 




















... Et c'est la panique de la vision globale, de l'écran impénétrable, 
de l'impossible trouvaille de la porte d'entrée dans l'image. 
_ On ne sait pas ! 
_ On ne va jamais y arriver !
_On va "rater" ! 
_ On est nul ! ....

... Et chaque fois, ô miracle, si je fais nommer l'objet qu'on veut dessiner, 
si je distribue dans l'ordre, toutes les questions qui le constituent, 
la personne, (enfant ou adulte) s'émerveille de voir l'objet visé
apparaître sous ses yeux,  grâce à une main qui sait dès lors 
 ce qu'elle fait. 
C'est magique !

 Le langage étant ce qui se dit des choses, 
ici ce n’est pas une histoire qui se raconte.  
C’est un discours adressé.

jeudi, avril 15, 2010

... et il l'a fait !

Graver, c'est tracer son sillon. Et pour qui le trait pose problème,
une solution est possible ...
 L'enfant ici souffre de dyspraxie.
 Il s'agit d'une altération de la capacité à exécuter de manière automatique les mouvements du quotidien, en l'absence de toute paralysie des muscles impliqués dans le mouvement, du fait d'une tension incontrôlée . Le sujet doit reconsidérer volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en concentration, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement obtenue, donc développant un sentiment d'échec permanent.

 Cet enfant s'en est sorti d'une extrême à l'autre, c'est à dire de l'usage des outils virtuels
( apprentissages revus via des sites et jeux internet occultant momentanément le rapport au corps)

à des exercices créatifs avec de nombreux outils comme par exemple la pyrogravure, tout comme
 la sculpture de la pierre et autres matériaux résistants, ainsi que la peinture à l'huile agréable à manipuler.

jeudi, mars 04, 2010

Images et Mots.

 (Le son peut être coupé en cliquant en bas de l'image)

Le commentaire est de Deleuze
... et les dessins proviennent de la traversée des temps.

mercredi, mars 03, 2010

De la matière

 

Je viens de publier plus haut, une page avec un diaporama
montrant comment peut s'effectuer une traversée
très particulière avec la matière comme objet.

mardi, mars 02, 2010

travaux de patients adultes.

C'est avec leurs consentements, que bien évidemment, je peux montrer ici quelques travaux réalisés lors des séances.
 

Là, en effet, il s'agit d'un instant de grâce ayant valeur d'exception. 
Dès la première séance, cette personne  découvre ce qu'elle ne savait pas qu'elle sait.
C'est la première fois qu'elle peint. 
C'est donc la première fois qu'elle rencontre ce qui fonde son désir.
Or, la mettre face à l'acte de peindre était en son cas une obligation, car précisemment,
elle ne pouvait parler sans se mettre à pleurer, et sa capacité de s'exprimer par la parole
était d'autant délicate qu'elle était nouvellement arrivée en France, avec un français
extrêmement aléatoire.
Cette révélation de ses talents étant, cette personne jeune, n'a pas hésité à remettre en
cause tous ses choix, portée par ce qui a pris immédiatement valeur d'un projet de vie.
En très peu de temps, elle s'est entièrement reconstruite, rebondissant comme générant
une véritable seconde naissance.


 
  

Ici, cette personne revient de nettement plus loin et passe par la capacité également de produire
un ouvrage reflétant le réel, sans pourtant savoir peindre a priori.

dimanche, janvier 03, 2010

travaux d'enfants
























Pour l'enfant, le dessin sous toutes ses formes s'avère son premier langage.
Aucune hésitation. la norme spontanée réside dans le saut de l'image,
la saisie des crayons, pinceaux et tout possible outil;













L'espace de projection est ami et l'enfant le tutoie en délivrant tout ce qui prendra
ensuite un certain temps pour y mettre les mots fidèles à ses gestes de pensée.














lundi, décembre 28, 2009

Ahhhhhhhhhh... notre rapport à l'autre !

Avoir le dernier mot...


Vouloir avoir raison donne à croire que c’est la raison qui est actrice.

Faux ! c’est une manifestation de l’affect purement !
... rien que le signe d’une submersion émotionnelle
qui tient obsessionnellement à régler des comptes
et hallucine la vie
prise alors comme le champ d'une cour de justice.

En un mot : "vouloir avoir raison" constamment,
dénonce la présence ni plus ni moins d'un symptôme.


A quoi sert le symptôme en tant que "saint- homme" (expression lacanienne),
si on ne lui délègue le pouvoir de parler à notre place de ce qu’on
aimerait savoir dire ?

Il est inattaquable puisqu’en lui, tout nous échappe.
Il n’est pas volontaire.
Du coup, ce n’est pas notre faute.

De ce fait, le symptôme, au même titre que le rêve, rend service.

Il dit :  « je vous dérange, n'est-ce pas ?
Vous voici démunis... je vous inquiète, hein ? »     
.... ou bien :
« vous ne m’aurez pas comme ça, voyez comme je suis ailleurs et
que  je ne peux pas être ou faire mieux».


On délègue au symptôme notre pleine puissance
à jouir d’une résistance,
désencombrée de la moindre retenue,
car justement armée
d'une sublime "bonne conscience" en surface,
d'une absolue légitimité.
En cela, il donne à éprouver à la fois vertige et honte.

Le symptôme dit comment et de quoi on jouit.

C’est en cela qu’il s'avère tellement précieux et qu’on y tient.

Il fait exister ce à quoi on ne renonce pas,
une forme de résidus têtu qui réfléchit une sainteté,
justement à l’endroit de notre culpabilité la plus ancrée.


Une dualité de principe, s’instaure :

1/ D’un côté, on se rend coupable de résister via le symptôme.

2/ De l'autre, en le laissant parler à notre place, on devient l’innocent
de qui tout s’échappe involontairement.

Enfin, quelque part, c’est pratique, quoi !
Le service rendu est inouï...

De là à construire son identité sur cet échappatoire,
il y a qu' un pas
franchi aisément vers autrui,
l'autre qui doit porter de ce fait, ce qu’on lui dépose de visu.

Ainsi, qu'on se sente coupable ou pas,
la jouissance dès lors est si pure
qu'elle est envoyée droit  aux oubliettes du refoulement.

vendredi, novembre 27, 2009

d'un certain point de vue

Dessiner en tant que faire l'annonce de son angle de vue.








Le corps

Lieu de l’identité
Lieu de vérité
Lieu de mémoire d’avant le langage.
Lieu d’expériences.
Lieu résiduel
Lieu de résidence.

Graphiquement, il s’agit d’une forme globale découpée
ou qui se découpe de l’espace
ou qui est espace découpé.

C’est un paysage qui reçoit la lumière.
C’est une nature en mouvement
C’est une île :
C’est une topique dont les plans sans cesse sont en mouvement.
Le corps nous accompagne et sagement nous précède bien souvent.
Encore faut-il l’entendre.
Il en a souvent « plein le dos ! ».

Pourquoi cet acharnement parfois,
cette obstination récurrente dans la représentation du corps ?

Le corps est un lieu résiduel.
C’est en lui que réside le champ de notre mémoire, tout ce qui figure le tracé de notre propre histoire, fabrique des plis et donne à voir le relief de notre âme.
Laborit ou Atlan qui nous dévoilent l’invisible de cette mémoire singulière ouverte à la mémoire globale de l’homme dans ses gènes.
Le corps est résonnant.
Nous aurions effectivement emmagasinée à l’intérieur de nous, toute la mémoire génétique des hommes depuis la nuit des temps. De sorte qu’en situation de danger, ce qui d’habitude se range à l’échelon de « l’instinct de vie » pour l’homme du commun, n’est en fait que l’acte de puiser au fond de cette mémoire collective de survie, pour trouver in extremis de quoi se sauver la peau.

Notre corps est un registre, un livre explorable à l’infini.
C’est aussi une carte routière froissée, aux ombres pleines de plis.
Notre corps annonce le préalable des limites dont la silhouette rend compte.
On pense à la « maison de l’être » d’Heidegger bien sûr, le lieu fondateur du « je » sujet, assujetti à la perméabilité de ses frontières qui font trait de sa personnalité. C’est dans l’acte de se projeter à l’ouvert au coeur de « l’habitacle de la perte » que le corps indique ce qu’il vit, ce qui en lui s’ébranle, comme il gère toutes les secousses des mises à l’épreuve. 















Le corps s’éprouve et dès lors vit ce qu’est le sujet qui l’occupe.
Un dessin dit comment son auteur circule et vise à le transcrire d’un trait.
Cette vie animée via le corps dépose toutes les questions du vivant, sous l’éclairage ici et là présent en ce lieu-dit.
C’est un dedans et un dehors oscillant qui génère la ligne et la justesse graphique de bornes. 
Pour visualiser il faut bouger. 
L’usage de l’oeil n’apporte rien qui vaille. La lecture se fait d’ailleurs, du dedans en mouvements pour se connecter au dehors donné à voir, et rendre compte de l’invisible histoire du présent, ici et maintenant, animé dans le corps.

Le corps se pose sans cesse comme question dans toute pensée. Il réfléchit tel le miroir....

On devient son propriétaire. 
L’habiter consiste à le faire raisonner en vue de s’acheminer vers sa parole.
L’idée d’incarner sa pensée se situe là.
Le corps fonde notre présence ici.
Il dévoile la relation que nous entretenons avec nous-mêmes et tout autant celle que nous tissons avec le monde.

Prendre le parti de ne rien apprendre sans corps dénonce le parti pris du dessin.
Le trait en tant que fil conducteur, fait trace sans cesse de notre vérité délivrée.
On creuse son sillon. La mémoire s’imprime.
Dessiner relate le poids du corps, son implication simultanée dans l’acte de penser.
Dessiner, écrire sont la même activité cérébrale à la merci des sensations du corps.
... Juste une question de langage choisi.

Quel régal de lire Bachelard si attentif à la puissance de l'image...

Voici ce qui peut tenir lieu d'une introduction à sa "Poétique de l'espace".

"... L’image poétique échappe à la causalité. De là, sa gravité. Comment une image parfois très singulière peut-elle apparaître comme une concentration de tout le psychisme ? Sont associés l’acte de conscience donatrice et le produit le plus fugace de la conscience : l’image poétique.

C’est une question de présence, soit d’abandon des savoirs. L’image dans sa simplicité n’a pas besoin d’un savoir. Elle est toujours origine du langage. Elle se situe avant la pensée.

Il faut s’y jeter au centre, au cœur, au rond-point où tout prend sa source et son sens.




 


Et voilà que se retrouve le mot oublié ou réprouvé, « l’âme », lumière intérieure, vision intérieure, véritable renversement des perspectives psychologiques réclamé par celui qui veut comprendre en aimant.

Un peintre qui parle peinture, sait qu’il est producteur de lumières. Il sait de quel foyer part l’illumination. Dans les poèmes se manifestent des forces qui ne passent pas par les circuits d’un savoir, et les causes alléguées par le psychologue ou le psychanalyste ne peuvent jamais bien expliquer le caractère inattendu de l’image poétique. La rêverie est une instance psychique qu’on confond trop souvent avec le rêve. L’esprit peut connaître une détente, mais dans la rêverie poétique, l’âme veille, sans tension, reposée et active. Avant d’émouvoir la surface, l’image touche les profondeurs. Elle est un être nouveau de notre langage. Elle est à la fois un devenir d’expression, et un devenir de notre être, l’expression créée de l’être. En cela, le psychanalyste qui intellectualise l’image, perd son retentissement, tout occupé qu’il est à débrouiller l’écheveau de ses interprétations. Pour lui, elle a toujours un contexte. Or la conscience imaginante est origine. Rien ne prépare une image poétique, surtout pas la perception dans le mode psychologique. L’image poétique pose purement le problème de la créativité de l’être parlant.





 

Il y aurait de la part de chacun une véritable immodestie à assumer une puissance de lecture qui retrouverait et revivrait la puissance de création organisée et complète touchant l’ensemble d’un poème, d’un tableau, d’une musique, enfin, d’une image poétique sous tout support de langage choisi. Adonnés à la lecture ( ou la vision ou l’écoute)heureuse, nous ne lisons, ne retenons que ce qui nous plaît, avec un petit orgueil de lecture mêlé à beaucoup d’enthousiasme. En tous les cas, tout lecteur qui relit une œuvre poétique qu’il aime, sait que les pages aimées le concernent.

Un grand vers peut avoir une grande influence sur l’âme d’une langue. Il réveille des images effacées, et en même temps, il sanctionne l’imprévisibilité de la parole. Or rendre imprévisible la parole, n’est-il pas un apprentissage de la liberté ?

L’image poétique échappe à la causalité. De là, sa gravité. Comment une image parfois très singulière peut-elle apparaître comme une concentration de tout le psychisme ? Sont associés l’acte de conscience donatrice et le produit le plus fugace de la conscience : l’image poétique.

C’est une question de présence, soit d’abandon des savoirs. L’image dans sa simplicité n’a pas besoin d’un savoir. Elle est toujours origine du langage. Elle se situe avant la pensée.

Il faut s’y jeter au centre, au cœur, au rond-point où tout prend sa source et son sens.Et voilà que se retrouve le mot oublié ou réprouvé, « l’âme », lumière intérieure, vision intérieure, véritable renversement des perspectives psychologiques réclamé par celui qui veut comprendre en aimant.

Un peintre qui parle peinture, sait qu’il est producteur de lumières. Il sait de quel foyer part l’illumination. Dans les poèmes se manifestent des forces qui ne passent pas par les circuits d’un savoir, et les causes alléguées par le psychologue ou le psychanalyste ne peuvent jamais bien expliquer le caractère inattendu de l’image poétique. La rêverie est une instance psychique qu’on confond trop souvent avec le rêve. L’esprit peut connaître une détente, mais dans la rêverie poétique, l’âme veille, sans tension, reposée et active. Avant d’émouvoir la surface, l’image touche les profondeurs. Elle est un être nouveau de notre langage. Elle est à la fois un devenir d’expression, et un devenir de notre être, l’expression créée de l’être. En cela, le psychanalyste qui intellectualise l’image, perd son retentissement, tout occupé qu’il est à débrouiller l’écheveau de ses interprétations. Pour lui, elle a toujours un contexte. Or la conscience imaginante est origine. Rien ne prépare une image poétique, surtout pas la perception dans le mode psychologique. L’image poétique pose purement le problème de la créativité de l’être parlant.







Il y aurait de la part de chacun une véritable immodestie à assumer une puissance de lecture qui retrouverait et revivrait la puissance de création organisée et complète touchant l’ensemble d’un poème, d’un tableau, d’une musique, enfin, d’une image poétique sous tout support de langage choisi. Adonnés à la lecture ( ou la vision ou l’écoute)heureuse, nous ne lisons, ne retenons que ce qui nous plaît, avec un petit orgueil de lecture mêlé à beaucoup d’enthousiasme. En tous les cas, tout lecteur qui relit une œuvre poétique qu’il aime, sait que les pages aimées le concernent.

Un grand vers peut avoir une grande influence sur l’âme d’une langue. Il réveille des images effacées, et en même temps, il sanctionne l’imprévisibilité de la parole. Or rendre imprévisible la parole, n’est-il pas un apprentissage de la liberté ?

L’atomisme du langage conceptuel réclame des raisons de fixation, des forces de centralisation.

Très nettement, l’image poétique apporte une des expériences les plus simples de langage vécu.
Chercher des antécédents à une image, alors qu’on est dans l’existence même de l’image, c’est une marque invétérée de psychologisme. Or la poésie dépasse constamment ses origines, et pâtissant plus loin dans l’extase ou le chagrin, elle demeure plus libre. L’effet de sublimation surplombe la psychologie de l’âme terrestrement malheureuse. C’est un fait : la poésie possède un bonheur qui lui est propre. Le psychanalyste peut bien étudier l’humaine nature des poètes, mais il n’est pas préparé, du fait de son séjour dans la région passionnelle, à étudier les images poétiques dans leur réalité de sommet.
Dès qu’un art devient autonome, il prend un nouveau départ.
Même dans un art comme la peinture, qui porte le témoignage d’un métier, les grands savoirs sont hors métier.
Il faut donc que le savoir s’accompagne d’un égal oubli du savoir.
Le non - savoir n’est pas une ignorance, mais un acte difficile de dépassement de la connaissance. C’est à ce prix qu’une œuvre est à chaque instant cette sorte de recommencement pur qui fait de sa création un exercice de liberté. S’il y a un métier c’est dans la tâche subalterne d’associer des images.
L’art est un redoublement de vie, une sorte d’émulation dans les surprises qui excitent notre conscience et l’empêche de somnoler.



 
Souvent, l’image poétique est à tort, confondue avec la simple métaphore. Fruit de l’imagination proprement dite, sa production d’images est comme une puissance majeure de la nature humaine. Dans ses vives actions, elle nous détache à la fois du passé et de la réalité. Elle ouvre sur l’avenir. L’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace indifférent livré à la mesure et à la réflexion du géomètre : il est vécu.
… Vécu non pas dans sa positivité, mais avec toutes les particularités de l’imagination tel qu’elles nous habitent intimement. Car non seulement nos souvenirs, nos oublis, sont logés en nous, de même notre inconscient est logé. « Notre âme est une demeure ».
Ainsi, une recherche sur les images de l’intimité pose de fait, le problème de la poétique de la maison.
La maison de l’homme peut-être prise pour la maison des choses.
… maison des tiroirs, des coffres, des armoires. Que de psychologie sous leurs serrures ! Chacune porte en soi une sorte d’esthétique du caché. Croyant parfois étudier les choses, on s’ouvre seulement à un type de rêveries. Dans nos maisons mêmes, ne trouvons-nous pas des réduits et des coins où nous aimons nous blottir ? N’habite avec intensité que celui qui a su se blottir.
La maison est, de toute évidence, un être privilégié, en la prenant à la fois dans son unité et sa complexité, en vue d’y intégrer toutes les valeurs particulières dans une valeur fondamentale. La maison fournit à la fois des images dispersées et tout un corps d’images.
Dans l’un et l’autre cas, l’imagination augmente les valeurs de la réalité".

lundi, juin 16, 2008




J'entends toujours cette demande :
"_ Pourquoi et à quoi sert l'art-thérapie ?"


Salieri disait que "la musique de Mozart avait trop de notes".
En ce cas, ça fait rire.
Néanmoins par ailleurs,
on pourrait dire qu'il y a trop de mots accros à des réponses .

Les mots n'ont pas à s'infiltrer partout
en vue d'expliquer tout et n'importe quoi,
notamment "le bien vivre", "le bonheur",
et tout ce qui habite l'acte de vivre.

Il y a de "l'impossible dire".
C'est en cela que devient nécessaire
l'acte d'ouvrir la présence d'un espace sans mot,
juste à côté de la parole,
chaque fois que nous prenons cette dernière, voire l'entendons.

La pratique d'un art occupe l'espace de l'impossible dire,
sans mot donc.
Je l'appelle de ce fait : "espace constructeur",
comme on peut le dire d'une toile blanche.

C'est en cela que la pratique d'un art,
ajoutée à l'exercice de la parole lors d'une psychanalyse classique,
permet d'en dire d'avantage et autrement sur soi,
(d'une pierre valant plein de coups en même temps),
sur ce qui fait barrage,
fait ombrage à la liberté, à la responsabilité d'être pleinement soi.

L'art-thérapie détient exactement les mêmes objectifs que la psychanalyse
tel que l'a crée Freud.
L'art-thérapeute détient les mêmes devoirs de références et de formation.

L'usage de l'art ajouté
est comme une deuxième langue pour parler vrai.
Ni plus. Ni moins.
Pour les enfants surtout l'effet est salutaire,
mais aussi pour les adultes qui ne désirent pas maîtriser forcément
les secrets des finesses linguistiques de leur langue maternelle,
ou bien un esprit d'analyse délibéré.

Une notion malmène beaucoup d'entre nous.
Pourtant elle n'existe que dans l'imagination.
Il s'agit de la notion de finalité.
Cela va avec la croyance aux "sciences exactes" par exemple
qu'on a tendance à opposer aux sciences dites "molles"
tel que les sciences humaines.
D'aucuns ont du mal semble-t-il à supposer cette thèse :
Il n'y a pas de fin.
Il n'y a pas de réponse.
Tout est passage.
Tout est passant,
comme cette annonce vivifiante, mais nécessaire et suffisante, posée en mathématique :
"_ Soit l'infini".

Les bords, les cloisonnements, ce sont les nôtres, ni plus ni moins.
Ils dépendent de notre éclairage sur les choses,
et quand on les pose,
ils donnent à voir la dimension de notre vision, soit nos humbles limites.
... Tout autant, ces cloisons
disent comment nous habitons le monde,
de quoi est faite notre maison dans sa structure.
Ainsi sommes-nous également "maître d'oeuvre" d'une telle construction.

La pratique du dessin et de la peinture
suspend ( c'est à dire tient clairement visible, lisible, accroché en l'air)
tout besoin d'analyse avec les mots.

Montrez-moi comment vous représentez une chose
et je vous dirai quels bords vous déposez
qui limite votre regard sur le monde.
C'est aussi bête que ça.
Tout travail pictural nous réfléchit. J'y suis aussi en tant que peintre.

Ce qui est nettement plus complexe,
( et la psychanalyse sert à cela)
c'est de comprendre et donc d'aller voir,
comment et pourquoi
on a mis des bords à des endroits précis
fermant nos horizons qui eux, en réalité sont bel et bien infinis.

Par exemple, parlons du plaisir.
Ce terme semble ne raisonner la plupart du temps,
que dans le champ borné de la sexualité.
Or le plaisir de vivre naît bien avant celui l'expérience sexuelle.
Regardons les nourrissons qui débarquent dans le monde où on vient de le mettre.
Il y en a un qui dort paisiblement
tandis que l'autre empêche tout le monde de dormir.
Ahhhh.... c'est bête ça ! Quel monstre celui-là !

On pourrait dire aussi que le plaisir de vivre
est la puissance d'une sexualité vécue sans fin, sans bord, en toute chose,
si on tient à poser cette question d'une liberté sexuelle.
On peut définir l'artiste comme le jouisseur constant de la vie.
Il fornique _ le mot est juste _ avec n'importe quoi,
jusqu'à ce que mort s'en suive.

Ce qui fait sens de vivre, c'est aller vers nulle part, à l'ouvert.
Cela n'a de sens que vers une vie considérée sans fin.
S"aventurer vers ce qu'on ne sait pas
c'est cela la définition pure de "lendemain".

A contrario, aller vers une réponse
c'est aller vers notre passé qui l'a construite en nous
au mépris de l'insu,
existant pourtant comme paramètre essentiel
dans la notion du lendemain.

Créer c'est donc aller vers nulle part.
Un travail sur soi, un travail avec soi, va vers là.
Vivre, aimer, jouir c'est aller vers nulle part.
Par contre, cet aller
figure la voie que votre histoire nous a ouverte.
C'est en cela,
dans cette analyse de notre histoire personnelle,
que nous pouvons agir sur notre vie,
notre plaisir infini d'être au monde,
en pleine puissance joyeuse
d'exercer l'agencement connu de tous nos désirs,
à l'abri des dictats sociaux, moraux qui nous sont contemporains.

Devenir acteur responsable de sa vie,
c'est ce que la psychanalyse offre
et ce que l'art, sans le moindre bord, tend à exprimer.

Être art-thérapeute en plus d'être peintre,
c'est prendre plaisir à transmettre les clés de
son propre plaisir de vivre face au monde,
en repoussant nos limites.
Il s'agit d'un devenir et non d'un acquis.

Vivre s'exerce humblement chaque jour.
Il n'y a pas ni fin, ni réponse donc.
Tout passe....
Ce je j'ai vécu hier
n'est pas forcément reconductible demain,
même si à l'instant dans le contexte, ce fut juste.
Tout est à revoir, à recréer sans cesse.
Je ne sais rien.
... sinon que tout est possible à l'infini.


mardi, août 28, 2007

Ce qui se dit....



Quelque soit la langage utilisé, la parole opère dans le vif du sujet, une délivrance.
De ce point de vue,
accueillir une parole en face à face ou bien écrite à distance par mails,
ou bien une parole dessinée ou peinte,,
revient dans tous les cas,
à devoir réfléchir un discours
comme le ferait un miroir.
La question est d'accompagner toute personne,
selon le medium le mieux adapté,
le plus familier, le plus attractif.

Les processus d'échange et de soutien
restent les mêmes.
Les techniques d'analyses sont d'autant avivées
qu'elles s'effectuent
par traces successives.

La progression du chemin parcouru au fil du temps
évolue d'abord vers la satisfaction d'une construction.

Puis elle se trouve ensuite entravée et détournée,
sous l'effet de résidus dont on n'avait pas anticiper
l'activité inconsciente.



"Les paroles s'envolent...
Les écrits restent".
En ce sens une psychanalyse classique balbutie souvent avec le temps.

En choisissant un support qui laisse des traces,
le procédé de déconstruction d'une histoire personnelle
trouve ipso facto
un remembrement,
une manière lisible immédiate
de recoller des morceaux bout à bout,
de ressaisir de visu, des enjeux oubliés.

Redire, défaire, refaire,
au bout du compte, se banalise.
Et par ce mouvement,
s'édifie un ouvrage progressivement,
aux allures artistiques.


Il devient évident qu'on aborde l'acte de créer,
en donnant à voir
l'inventaire d'un monde singulier,
où le Sujet se reconnaît tout entier projeté.