lundi, décembre 17, 2018

Harcèlement /discrimination / Violences


  

     
      
Plutôt que la vision binaire entre le bien et le mal de la morale, est-il pas préférable d’interroger le problème à sa racine ?
                   Ainsi peut-on se demander ce qu’il y a de véritablement étonnant à ce qu’une société hédoniste, narcissique, fondée sur une concurrence spéculaire acharnée, puisse développer en aveugle, autre chose qu’un effacement progressif de l’altérité, avec tout le chapelet des effets secondaires en  queue de comète ?
                                    Rapportons-nous à Paul Ricœur : « Le chrétien et la civilisation occidentale »,
_  « Les valeurs sont à la vie morale ce que les racines sont à l’arbre ».

            Les valeurs comme fondement de la vie sociale
Un trait fondamental de notre existence, de notre condition historique et corporelle, c’est que nous appartenons à une certaine aventure qui a des contours géographiques et historiques et qui charrie certaines valeurs ; celles-ci tout à la fois nous baignent, nous portent, nous limitent, et pourtant ne se soutiennent que par notre comportement et notre action.
Par « valeurs », on entend « des vertus privées et sociales, qui sont pratiquées par une élite ou par la masse, qui sont des jugements, des appréciations, ou des mœurs effectivement pratiquées, qui sont des sentiments ou des maximes rationnelles
                  Au niveau fondamental, l’action obéit déjà à des normes, règles pratiques originaires ou évaluations plus ou moins fortes, au sens où l’agir humain est toujours l’objet d’une appréciation ou d’un blâme.
Les estimations les plus stables de la conscience collective font déjà partie intégrante de l’identité personnelle.
Les théories éthiques supposent que nous sommes toujours déjà préformés par des idées normatives, c’est-à-dire des valeurs, dans lesquelles nous avons été élevés et qui sont à la base de l’ordre social. L’ordre du valoir est un « présupposé » ou même un « a priori » dans la compréhension à la fois de l’action et du sujet.
                  .. Car « L’ignorance a ceci de particulier, qu’elle n’a ni beauté ni bonté, ni science. Et celui qui ne sait pas ce qui lui manque, il ne peut le désirer » 

            











 L’enjeu qui se pose concerne la question de l’altérité.
            Le rapport à ce qui est autre, à ce qui est extérieur à soi.
A ce qui ne nous appartient pas, qui ne nous est pas dû, qui ne nous regarde pas, sur lequel nous n’avons aucun droit.

Ce qui est refoulé concerne la puissance de la sexualité dont la frustration misérable est totalement déniée.

                  Est posé comme acquis un rapport au corps et au plaisir totalement épanoui et partagé quelques soient les âges, les milieux sociaux, les cultures, les histoires personnelles.
                  Se rajoute le déni de la multitude d’outils de l’image offerts dès la jeune enfance, diffusant les dictats d’une sexualité brutale sans mesure donnant à voir « ce qu’il faut faire, ou laisser faire, parce que ce serait ça, comme ça, avec de l’autre à consommer immédiatement ».
                  Où sont les cours d’analyse de l’image, et de l’usage des réseaux sociaux ?

                  N’est même pas mis en rapport la sexualité en tant que langage du corps pour dire l’amour qui se fait dans le prolongement de la parole du poète qui dans le même sens cultive l’aire des mots.
                 
                  Est non moins refoulé et coulé dans le bronze, l’accompagnement adulte des professionnels de l’éducation, qui depuis des décennies, par un même unique cours au collège se contentant de montrer les organes masculins et féminins de la reproduction, alors que des sites pornographiques sont  à disposition dans le portable des enfants, dans leurs ordinateurs ou tablettes, qu’ils ont accès aux réseaux sociaux avec l’ignorance totale du cloisonnement entre l’intime et le publique grâce à leurs parents inconscients eux-mêmes, qui déjà les offrent en images à la terre entière depuis leur premier biberon, comme des enfants objets..
                  
 En tant que psy, parmi mes patients, je peux dire que 1 enfant sur 3 est victime de pédophilie rien que dans sa famille.
                  









 C’est dans ce contexte avec tous les éléments envisagés, que fait sens de poser la question du rapport à l’autre dépourvu d’un étonnement irrecevable si moralisateur, à bien considérer les causes:
          L'urgence est d'instruire, c'est à dire d'éduquer à la citoyenneté.

                                                                             Catherine Catski Durand Cisinski

samedi, novembre 10, 2018

Le geste créatif auteur - acteur de ses démantèlements.

Celui qui crée  est auteur - acteur de ses démantèlements
et de sa propre restauration donnée à voir.

Il fait acte de défier ses retranchements.

Si ça crée, si ça produit,
c'est grâce au soulèvement d'une confrontation en actes
entre dualités paradoxales mises en présence,
entre vie et mort,
entre exaltation et désespoir,
entre découvertes et recouvrements,
entre désirs et nécessités.





































le dessin d'une jeune patiente en quête...

mardi, septembre 11, 2018

... Des forces de l'éducation.

Si l'éducation ne fait pas tout, au moins peut-on se dire qu'elle participe à la formation du jugement et de la sensibilité.
L'enfant est d'autant réceptif, que ses parents le furent.
Combien d 'enfants portent les résistances de leurs propres parents, ces derniers ayant déposé une forme de restauration, voire de compensation sur leurs jolies "têtes blondes".
Or chaque personne est unique.

jeudi, septembre 06, 2018

L'enfant qu'on fut... l'enfant confus





 




























1/ On démarre bien dans la vie, avec
_ Un attachement affectif Secure qui permet de construire du sens a posteriori
_ Induit une capacité de mentalisation c’est à dire de représentation mentale

2/ Un enfant souriant, joyeux, très actif développe plus facilement  un désir d’apprendre,
de comprendre, de trouver de quoi mettre en place, inventer, un autre moyen de développement

3/ Un enfant bien accueilli, bien aimé va pouvoir grandir dans une sorte de niche confortable qui lui délivrera de quoi affronter des cassures, de quoi instaurer en lui le plaisir d’un sentiment de paix, d’autant qu’autour de lui, il aura de quoi se sentir sécurisé par une ou plusieurs personnes de son entourage, par des rituels dont il saura faire des jeux jusqu’à être capable de trouver de quoi rire là où séjourne le drame.

4/ Nous sommes constitués de traces de vie qui nous enchantent, nous hantent, nous subliment, nous sidèrent lorsqu’elles sont liées à l’innommable, elles nous repèrent, ou nous perdent, ou encore nous trompent.
L’art comme le récit dans un travail psy, les rappellent à leur façon.

5/ L’enfant bien nourri en amont du point de vue affectif est bien parti dans la vie, car il peut être en mesure d’affronter le malheur par des procédés ludiques de transformation, sachant simultanément créer une forme d’équilibrage par la réparation simultanée de fissures opérées.

6/ Quand les bases de sécurité sous quelque forme que ce soit  sont transmises à l’enfant, il acquière simultanément le désir de comprendre et d’édifier spontanément des schémas de comportement résilients.

Toutefois rien n’est jamais certain : des traînées de poudres trans-générationnelles peuvent intervenir sournoisement et ternir le tableau d’une jeune vie en perspective. La certitude n’est jamais reine face aux possibles de la vie.






mercredi, mai 10, 2017

Maltraitance des enfants : sévices sexuels et psychiques.

La maltraitance des enfants:



Principaux points

Un quart des adultes déclarent avoir subi des violences physiques dans leur enfance.
 
Une femme sur 5 
et un homme sur 13 
disent avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance.

La maltraitance dans l’enfance altère parfois à vie la santé physique et mentale de ceux qui en sont victimes et, de par ses conséquences socioprofessionnelles, elle peut au bout du compte ralentir le développement économique et social d’un pays.
Il est possible de prévenir la maltraitance des enfants. Pour cela, une approche multisectorielle s’impose.
Les programmes de prévention efficaces sont ceux qui soutiennent les parents et leur apprennent à être de bons parents.
L’accompagnement des enfants et des familles dans la durée peut réduire le risque de répétition des mauvais traitements et minimiser leurs conséquences.
La maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, de négligence ou de traitement négligent, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. Parfois, on considère aussi comme une forme de maltraitance le fait d’exposer l’enfant au spectacle de violences entre partenaires intimes.

Ampleur du problème
La maltraitance des enfants est un problème mondial qui a de graves conséquences, à vie, pour ceux qui en sont victimes. Malgré l'existence de plusieurs études mnées dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, les données font enocre défaut pour de nombreux pays.

La maltraitance des enfants est un phénomène complexe et difficile à étudier. Les estimations actuelles varient considérablement selon les pays et selon la méthode de recherche utilisée. Elles sont fonction:

des définitions de la maltraitance qui sont retenues;
du type de maltraitance étudié;
de la couverture et de la qualité des statistiques officielles;
de la couverture et de la qualité des études fondées sur des informations fournies par les victimes elles-mêmes ou par les parents ou les personnes qui ont la charge de l’enfant.
Néanmoins, des études internationales révèlent qu’un quart des adultes déclarent avoir subi des violences physiques dans leur enfance et qu’une femme sur 5 et un homme sur 13 déclarent avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance.

On estime que, chaque année, 41 000 enfants de moins de 15 ans sont victimes d’homicides. Ce chiffre ne rend pas compte de l’ampleur réelle du problème car une proportion importante des décès dus à des mauvais traitements sont attribués erronément à une chute, des brûlures, la noyade ou d’autres causes.

Dans les situations de conflit armé et dans les contextes où il y a des réfugiés, les fillettes et les jeunes filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles, à l’exploitation et aux sévices de la part des soldats, des forces de sécurité, des membres de leurs communautés, du personnel humanitaire et d’autres catégories de personnes.

Conséquences de la maltraitance
La maltraitance entraîne des souffrances pour les enfants et leurs familles et peut avoir des conséquences à long terme. Elle provoque un stress auquel on associe une perturbation du développement précoce du cerveau. Un stress extrême peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire. Dès lors, les enfants maltraités, devenus adultes, sont davantage exposés à divers troubles comportementaux, physiques ou psychiques, tels que les suivants:

propension à commettre des violences ou à en subir;
dépression;
tabagisme;
obésité;
comportements sexuels à risque;
grossesse non désirée;
alcoolisme et toxicomanie.
Au travers de ces conséquences comportementales et psychiques, la maltraitance peut favoriser les pathologies cardiaques, le cancer, les suicides et les infections sexuellement transmissibles.

Au-delà de ses répercussions sur la santé et la société, la maltraitance des enfants a un coût économique, lié notamment aux hospitalisations, au traitement des troubles psychiques, à la protection de l’enfance et aux dépenses de santé à plus long terme.

Facteurs de risque
Plusieurs facteurs de risque en matière de maltraitance des enfants ont été recensés. Ils ne sont pas présents dans tous les contextes sociaux et culturels mais ils peuvent donner un éclairage général lorsque l’on tente de comprendre les causes du phénomène.

Facteurs tenant à l’enfant
Il importe de souligner que les enfants sont les victimes de la maltraitance et qu’ils ne sont jamais à blâmer pour les mauvais traitements qu’on leur inflige. Plusieurs facteurs peuvent prédisposer l’enfant à être maltraité:

il est âgé de moins de 4 ans ou est adolescent;
c’est un enfant non désiré ou qui ne répond pas aux attentes de ses parents;
Il a des besoins spéciaux ou pleure de façon persistante, ou il présente une anomalie physique.
Facteurs tenant au parent ou à la personne qui s’occupe de l’enfant
Plusieurs facteurs chez le parent de l’enfant ou la personne qui s’occupe de lui peuvent augmenter le risque de maltraitance. On citera les suivants:

la difficulté à établir un lien avec un nouveau-né;
le manque d’attention pour l’enfant;
le fait d’avoir soi-même subi des maltraitances dans l’enfance;
un manque de connaissances sur le développement de l’enfant ou des attentes irréalistes;
l’abus d’alcool ou de drogues, y compris durant la grossesse ;
l’implication dans des activités criminelles;
le fait de connaître des difficultés financières.
Facteurs relationnels
Plusieurs facteurs relevant des relations au sein des familles ou entre partenaires intimes, amis et pairs peuvent accroître le risque de maltraitance de l’enfant. En voici quelques-uns:

des troubles physiques ou psychiques ou des problèmes liés au développement chez un membre de la famille;
l’éclatement de la cellule familiale ou des violences entre d’autres membres de la famille;
l’isolement par rapport à la communauté ou l’absence d’un réseau de soutien;
une perte de soutien de la part de la famille élargie pour l’éducation de l’enfant.
Facteurs communautaires et sociétaux
Parmi les caractéristiques de l’environnement communautaire ou social associées à l’augmentation du risque de maltraitance des enfants figurent, entre autres:

les inégalités sexuelles ou sociales;
le manque de logements appropriés ou de services de soutien aux familles et aux institutions;
les taux de chômage élevés ou la pauvreté;
la facilité d’accès à l’alcool et aux drogues;
des politiques et programmes inappropriés pour prévenir la maltraitance des enfants, la pornographie enfantine, la prostitution et le travail des enfants;
des normes sociales et culturelles qui encouragent ou glorifient la violence envers autrui, y compris l’usage des châtiments corporels, exigent un respect absolu des rôles sociaux dévolus à chaque sexe ou amoindrissent le statut de l’enfant dans les relations parents-enfants;
des politiques sociales, économiques, de santé et d’éducation menant à des niveaux de vie peu élevés, ou à des inégalités ou une précarité socio-économiques.
Prévention
La prévention de la maltraitance des enfants exige une approche multisectorielle. Les programmes efficaces sont ceux qui apportent un soutien aux parents et leur apprennent à être de bons parents. On citera, notamment:

les visites d’infirmières à domicile pour fournir aux parents un soutien, des conseils et des informations;
les programmes de formation parentale, généralement proposés en groupe, pour améliorer les compétences des parents en matière d’éducation, leur inculquer de meilleures connaissances du développement de l’enfant et promouvoir des stratégies positives de gestion du comportement de l’enfant;
les interventions à volets multiples, avec généralement des composantes soutien et éducation des parents, enseignement préscolaire, et soins à l’enfant.
D’autres programmes de prévention se sont révélés assez prometteurs:

Les programmes de prévention du traumatisme crânien imputable à de mauvais traitements (aussi appelé syndrome du bébé secoué, syndrome du nourrisson secoué et traumatisme cérébral infligé). Ce sont habituellement des programmes organisés en milieu hospitalier à l’intention des nouveaux parents qui vont quitter l’hôpital ou la clinique pour les informer des dangers du syndrome du bébé secoué et leur indiquer la conduite à adopter face à un bébé qui pleure sans qu’on sache le calmer.
Les programmes de prévention des violences sexuelles à enfant. Habituellement organisés dans les écoles, ces programmes sont destinés à enseigner aux enfants:
qu’ils sont maîtres de leur corps;
quelle est la différence entre des contacts physiques appropriés et des gestes déplacés;
comment reconnaître les situations de violence;
comment dire «non»;
comment parler à un adulte de confiance des sévices subis.
De tels programmes renforcent effectivement les facteurs de protection contre les violences sexuelles (ainsi, grâce à eux, l’enfant est informé de l’existence des sévices sexuels et sait comment s’en protéger), mais on ne dispose pas d’éléments indiquant si ces programmes sont également efficaces contre d’autres types de violence.

Plus ces interventions auront lieu tôt dans la vie de l’enfant, plus elles seront bénéfiques pour l’enfant lui-même (développement cognitif, compétences comportementales et sociales, réussite scolaire, par exemple) et pour la société (diminution de la délinquance et de la criminalité, par exemple).

Par ailleurs, la détection précoce des cas associée à la prise en charge des enfants victimes et de leurs familles dans la durée peut aider à réduire la répétition des mauvais traitements et à en atténuer les conséquences.

Pour que le travail de prévention et la prise en charge aient le maximum d’efficacité, l’OMS recommande que les interventions aient lieu dans le cadre d’une approche de santé publique en 4 étapes:

définition du problème;
identification des causes et des facteurs de risque;
conception et expérimentation d’interventions destinées à minimiser les facteurs de risque;
diffusion d’informations concernant l’efficacité des interventions et extension de celles qui ont fait leurs preuves.
Action de l’OMS
L’OMS, en collaboration avec plusieurs partenaires:

propose des orientations techniques et normatives pour un travail de prévention de la maltraitance des enfants fondé sur des bases factuelles;
préconise un soutien et des investissements internationaux accrus en faveur des efforts de prévention de la maltraitance des enfants fondés sur des bases factuelles;
fournit un soutien technique pour les programmes de prévention de la maltraitance des enfants fondés sur des bases factuelles dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire.


Pour de plus amples informations:
Centre des médias de l’OMS
Téléphone : +41 22 791 2222
Courriel : mediainquiries@who.int

mercredi, janvier 11, 2017

La psychanalyse, c'est exactement ça.


Cliquez sur ce lien. 
Pour dire ce qu'est vraiment la psychanalyse, PAS MIEUX !

http://bcove.me/o9gdzybh

" Être aimé ". Poème de Victor Hugo

Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé.
Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !
V. Hugo.

mardi, janvier 10, 2017

L'enfant hyper actif

L'enfant hyper actif, est juste plus grand que ce à quoi on pourrait s'attendre de lui. Ne dit-on pas qu'il "déborde d'énergie".
C'est un gourmand de la vie puisqu'on reconnait qu'il est "insatiable"... "Impossible d'en venir à bout" !

Aussi, pourquoi le contraindre ?
Pourquoi vouloir rétrécir son champ de vision ?















































Pourquoi ne pas aller le chercher, voire l'accompagner, lui tenir la main et l'anticiper, en tous cas, pourquoi ne pas lui ouvrir ce qui s'offre à lui comme trop petit ?

Lui ne sait pas qu'il peut exercer sa toute puissance et le bouillonnement de son imaginaire aussi dans le silence de la concentration.
Il ne sait pas que la durée est un espace d'accueil grand comme le ciel pour lui permettre d'exister joyeusement et de transformer ce qu'il ressent pour se construire.
Il ne sait pas qu'il peut réellement s'épater lui-même de ce qu'il est capable de faire dans la lenteur et paisiblement. 
Il avance en boxant la vie.



























Les travaux que je présente ici sont ceux d'une petite fille qui entre l'âge de 6 et 10 ans, désespérait tant ses parents que le corps enseignant. Après chaque séance, sa mère était sidérée de retrouver une gamine d'un calme olympien.
Forcément !
Comme mon lieu de travail est juste à côté d'un grand parc, nous commencions chaque fois par jouer à réviser mathématique, tables de multiplications, géométrie, tel qu'elle adorait... c'est à dire en faisant la roue pour décrire les figures ou nommer ainsi les chiffres.
Puis je l'ai mise très vite à la sculpture sur pierre. Idem : Elle s'apaisait incroyablement, tout en se racontant très librement comme elle savait le faire naturellement auprès de moi.
Puis un jour, je l'ai fait se coucher par terre, sur une très grande feuille de papier et j'ai dessiné les contours de son corps superposés, dans divers postures. Hélas,je n'ai pas photographié cet ouvrage alors qu'il fut déterminant. Il mesurait environ 2,5m sur 1m. Nous l'avons entièrement colorié ensemble avec des feutres à pointes fines. Cela a dû prendre une bonne dizaine de séances de 2h chacune. A partir de là, cette petite fille a su qu'elle était dotée d'une patience inouïe dès lors qu'elle était en confiance face à une tâche qu'elle aimait.



Ainsi a t'on pu passer à la vitesse supérieure au gré de ses apprentissages.
Entre parole déliée, dessin au fil continu et écriture, le lien s'est fait tout seul. A l'évidence elle souffrait précisément d'une vision trop grande déposée sur elle depuis les début de son âge. Elle sentait qu'on n'appréciait pas qu'elle ait à passer par l'enfance.
Du coup, se sentait-elle très mal avec ses dessins juvéniles.
Qu'à cela ne tienne, on a vu grand.
_ Tu veux savoir peindre comme un grand artiste adulte ? ...lui ai-je demandé. Pas de soucis : nous avons attaqué Monet sur des grands formats. Certes elle s'est épatée elle-même, mais surtout, elle a pu enfin combler sa mère sidérée des toiles peintes à l'huile.




 Nous en étions au 3ème tableau touche par touche. Elle s'attaquait au pont du jardin de Giverny. A la moitié, lasse de répéter une gestuelle épatante certes, mais sans surprise, elle a décidé de retourner à ses dessins d'enfants qu'elle s'est remise à balbutier graphiquement. Elle avait assez comblé sa mère.
S'étant prouvé qu'elle pouvait faire "plus grand qu'elle", finalement, elle n'aspirait plus qu'à retrouver son âge.
Alors nous sommes allées au Musée Monet la séance suivante, pour dire au revoir à "cette peinture de grand" qui l'a fait rire en voyant les tableaux réels dont elle s'était inspiré, désacralisant haut et fort une technique qu'elle avait fini par tutoyer.

Ultime étape vers sa bonne santé de petite fille .