mercredi, mai 10, 2017

Maltraitance des enfants : sévices sexuels et psychiques.

La maltraitance des enfants:



Principaux points

Un quart des adultes déclarent avoir subi des violences physiques dans leur enfance.
 
Une femme sur 5 
et un homme sur 13 
disent avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance.

La maltraitance dans l’enfance altère parfois à vie la santé physique et mentale de ceux qui en sont victimes et, de par ses conséquences socioprofessionnelles, elle peut au bout du compte ralentir le développement économique et social d’un pays.
Il est possible de prévenir la maltraitance des enfants. Pour cela, une approche multisectorielle s’impose.
Les programmes de prévention efficaces sont ceux qui soutiennent les parents et leur apprennent à être de bons parents.
L’accompagnement des enfants et des familles dans la durée peut réduire le risque de répétition des mauvais traitements et minimiser leurs conséquences.
La maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, de négligence ou de traitement négligent, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. Parfois, on considère aussi comme une forme de maltraitance le fait d’exposer l’enfant au spectacle de violences entre partenaires intimes.

Ampleur du problème
La maltraitance des enfants est un problème mondial qui a de graves conséquences, à vie, pour ceux qui en sont victimes. Malgré l'existence de plusieurs études mnées dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, les données font enocre défaut pour de nombreux pays.

La maltraitance des enfants est un phénomène complexe et difficile à étudier. Les estimations actuelles varient considérablement selon les pays et selon la méthode de recherche utilisée. Elles sont fonction:

des définitions de la maltraitance qui sont retenues;
du type de maltraitance étudié;
de la couverture et de la qualité des statistiques officielles;
de la couverture et de la qualité des études fondées sur des informations fournies par les victimes elles-mêmes ou par les parents ou les personnes qui ont la charge de l’enfant.
Néanmoins, des études internationales révèlent qu’un quart des adultes déclarent avoir subi des violences physiques dans leur enfance et qu’une femme sur 5 et un homme sur 13 déclarent avoir subi des violences sexuelles dans leur enfance.

On estime que, chaque année, 41 000 enfants de moins de 15 ans sont victimes d’homicides. Ce chiffre ne rend pas compte de l’ampleur réelle du problème car une proportion importante des décès dus à des mauvais traitements sont attribués erronément à une chute, des brûlures, la noyade ou d’autres causes.

Dans les situations de conflit armé et dans les contextes où il y a des réfugiés, les fillettes et les jeunes filles sont particulièrement exposées aux violences sexuelles, à l’exploitation et aux sévices de la part des soldats, des forces de sécurité, des membres de leurs communautés, du personnel humanitaire et d’autres catégories de personnes.

Conséquences de la maltraitance
La maltraitance entraîne des souffrances pour les enfants et leurs familles et peut avoir des conséquences à long terme. Elle provoque un stress auquel on associe une perturbation du développement précoce du cerveau. Un stress extrême peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire. Dès lors, les enfants maltraités, devenus adultes, sont davantage exposés à divers troubles comportementaux, physiques ou psychiques, tels que les suivants:

propension à commettre des violences ou à en subir;
dépression;
tabagisme;
obésité;
comportements sexuels à risque;
grossesse non désirée;
alcoolisme et toxicomanie.
Au travers de ces conséquences comportementales et psychiques, la maltraitance peut favoriser les pathologies cardiaques, le cancer, les suicides et les infections sexuellement transmissibles.

Au-delà de ses répercussions sur la santé et la société, la maltraitance des enfants a un coût économique, lié notamment aux hospitalisations, au traitement des troubles psychiques, à la protection de l’enfance et aux dépenses de santé à plus long terme.

Facteurs de risque
Plusieurs facteurs de risque en matière de maltraitance des enfants ont été recensés. Ils ne sont pas présents dans tous les contextes sociaux et culturels mais ils peuvent donner un éclairage général lorsque l’on tente de comprendre les causes du phénomène.

Facteurs tenant à l’enfant
Il importe de souligner que les enfants sont les victimes de la maltraitance et qu’ils ne sont jamais à blâmer pour les mauvais traitements qu’on leur inflige. Plusieurs facteurs peuvent prédisposer l’enfant à être maltraité:

il est âgé de moins de 4 ans ou est adolescent;
c’est un enfant non désiré ou qui ne répond pas aux attentes de ses parents;
Il a des besoins spéciaux ou pleure de façon persistante, ou il présente une anomalie physique.
Facteurs tenant au parent ou à la personne qui s’occupe de l’enfant
Plusieurs facteurs chez le parent de l’enfant ou la personne qui s’occupe de lui peuvent augmenter le risque de maltraitance. On citera les suivants:

la difficulté à établir un lien avec un nouveau-né;
le manque d’attention pour l’enfant;
le fait d’avoir soi-même subi des maltraitances dans l’enfance;
un manque de connaissances sur le développement de l’enfant ou des attentes irréalistes;
l’abus d’alcool ou de drogues, y compris durant la grossesse ;
l’implication dans des activités criminelles;
le fait de connaître des difficultés financières.
Facteurs relationnels
Plusieurs facteurs relevant des relations au sein des familles ou entre partenaires intimes, amis et pairs peuvent accroître le risque de maltraitance de l’enfant. En voici quelques-uns:

des troubles physiques ou psychiques ou des problèmes liés au développement chez un membre de la famille;
l’éclatement de la cellule familiale ou des violences entre d’autres membres de la famille;
l’isolement par rapport à la communauté ou l’absence d’un réseau de soutien;
une perte de soutien de la part de la famille élargie pour l’éducation de l’enfant.
Facteurs communautaires et sociétaux
Parmi les caractéristiques de l’environnement communautaire ou social associées à l’augmentation du risque de maltraitance des enfants figurent, entre autres:

les inégalités sexuelles ou sociales;
le manque de logements appropriés ou de services de soutien aux familles et aux institutions;
les taux de chômage élevés ou la pauvreté;
la facilité d’accès à l’alcool et aux drogues;
des politiques et programmes inappropriés pour prévenir la maltraitance des enfants, la pornographie enfantine, la prostitution et le travail des enfants;
des normes sociales et culturelles qui encouragent ou glorifient la violence envers autrui, y compris l’usage des châtiments corporels, exigent un respect absolu des rôles sociaux dévolus à chaque sexe ou amoindrissent le statut de l’enfant dans les relations parents-enfants;
des politiques sociales, économiques, de santé et d’éducation menant à des niveaux de vie peu élevés, ou à des inégalités ou une précarité socio-économiques.
Prévention
La prévention de la maltraitance des enfants exige une approche multisectorielle. Les programmes efficaces sont ceux qui apportent un soutien aux parents et leur apprennent à être de bons parents. On citera, notamment:

les visites d’infirmières à domicile pour fournir aux parents un soutien, des conseils et des informations;
les programmes de formation parentale, généralement proposés en groupe, pour améliorer les compétences des parents en matière d’éducation, leur inculquer de meilleures connaissances du développement de l’enfant et promouvoir des stratégies positives de gestion du comportement de l’enfant;
les interventions à volets multiples, avec généralement des composantes soutien et éducation des parents, enseignement préscolaire, et soins à l’enfant.
D’autres programmes de prévention se sont révélés assez prometteurs:

Les programmes de prévention du traumatisme crânien imputable à de mauvais traitements (aussi appelé syndrome du bébé secoué, syndrome du nourrisson secoué et traumatisme cérébral infligé). Ce sont habituellement des programmes organisés en milieu hospitalier à l’intention des nouveaux parents qui vont quitter l’hôpital ou la clinique pour les informer des dangers du syndrome du bébé secoué et leur indiquer la conduite à adopter face à un bébé qui pleure sans qu’on sache le calmer.
Les programmes de prévention des violences sexuelles à enfant. Habituellement organisés dans les écoles, ces programmes sont destinés à enseigner aux enfants:
qu’ils sont maîtres de leur corps;
quelle est la différence entre des contacts physiques appropriés et des gestes déplacés;
comment reconnaître les situations de violence;
comment dire «non»;
comment parler à un adulte de confiance des sévices subis.
De tels programmes renforcent effectivement les facteurs de protection contre les violences sexuelles (ainsi, grâce à eux, l’enfant est informé de l’existence des sévices sexuels et sait comment s’en protéger), mais on ne dispose pas d’éléments indiquant si ces programmes sont également efficaces contre d’autres types de violence.

Plus ces interventions auront lieu tôt dans la vie de l’enfant, plus elles seront bénéfiques pour l’enfant lui-même (développement cognitif, compétences comportementales et sociales, réussite scolaire, par exemple) et pour la société (diminution de la délinquance et de la criminalité, par exemple).

Par ailleurs, la détection précoce des cas associée à la prise en charge des enfants victimes et de leurs familles dans la durée peut aider à réduire la répétition des mauvais traitements et à en atténuer les conséquences.

Pour que le travail de prévention et la prise en charge aient le maximum d’efficacité, l’OMS recommande que les interventions aient lieu dans le cadre d’une approche de santé publique en 4 étapes:

définition du problème;
identification des causes et des facteurs de risque;
conception et expérimentation d’interventions destinées à minimiser les facteurs de risque;
diffusion d’informations concernant l’efficacité des interventions et extension de celles qui ont fait leurs preuves.
Action de l’OMS
L’OMS, en collaboration avec plusieurs partenaires:

propose des orientations techniques et normatives pour un travail de prévention de la maltraitance des enfants fondé sur des bases factuelles;
préconise un soutien et des investissements internationaux accrus en faveur des efforts de prévention de la maltraitance des enfants fondés sur des bases factuelles;
fournit un soutien technique pour les programmes de prévention de la maltraitance des enfants fondés sur des bases factuelles dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire.


Pour de plus amples informations:
Centre des médias de l’OMS
Téléphone : +41 22 791 2222
Courriel : mediainquiries@who.int

mercredi, janvier 11, 2017

La psychanalyse, c'est exactement ça.


Cliquez sur ce lien. 
Pour dire ce qu'est vraiment la psychanalyse, PAS MIEUX !

http://bcove.me/o9gdzybh

" Être aimé ". Poème de Victor Hugo

Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé.
Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.
Une maîtresse, c'est quelqu'un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n'est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d'être perdus si quelqu'un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu'est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J'y bâille. Si de moi personne ne s'occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !
V. Hugo.

mardi, janvier 10, 2017

L'enfant hyper actif

L'enfant hyper actif, est juste plus grand que ce à quoi on pourrait s'attendre de lui. Ne dit-on pas qu'il "déborde d'énergie".
C'est un gourmand de la vie puisqu'on reconnait qu'il est "insatiable"... "Impossible d'en venir à bout" !

Aussi, pourquoi le contraindre ?
Pourquoi vouloir rétrécir son champ de vision ?















































Pourquoi ne pas aller le chercher, voire l'accompagner, lui tenir la main et l'anticiper, en tous cas, pourquoi ne pas lui ouvrir ce qui s'offre à lui comme trop petit ?

Lui ne sait pas qu'il peut exercer sa toute puissance et le bouillonnement de son imaginaire aussi dans le silence de la concentration.
Il ne sait pas que la durée est un espace d'accueil grand comme le ciel pour lui permettre d'exister joyeusement et de transformer ce qu'il ressent pour se construire.
Il ne sait pas qu'il peut réellement s'épater lui-même de ce qu'il est capable de faire dans la lenteur et paisiblement. 
Il avance en boxant la vie.



























Les travaux que je présente ici sont ceux d'une petite fille qui entre l'âge de 6 et 10 ans, désespérait tant ses parents que le corps enseignant. Après chaque séance, sa mère était sidérée de retrouver une gamine d'un calme olympien.
Forcément !
Comme mon lieu de travail est juste à côté d'un grand parc, nous commencions chaque fois par jouer à réviser mathématique, tables de multiplications, géométrie, tel qu'elle adorait... c'est à dire en faisant la roue pour décrire les figures ou nommer ainsi les chiffres.
Puis je l'ai mise très vite à la sculpture sur pierre. Idem : Elle s'apaisait incroyablement, tout en se racontant très librement comme elle savait le faire naturellement auprès de moi.
Puis un jour, je l'ai fait se coucher par terre, sur une très grande feuille de papier et j'ai dessiné les contours de son corps superposés, dans divers postures. Hélas,je n'ai pas photographié cet ouvrage alors qu'il fut déterminant. Il mesurait environ 2,5m sur 1m. Nous l'avons entièrement colorié ensemble avec des feutres à pointes fines. Cela a dû prendre une bonne dizaine de séances de 2h chacune. A partir de là, cette petite fille a su qu'elle était dotée d'une patience inouïe dès lors qu'elle était en confiance face à une tâche qu'elle aimait.



Ainsi a t'on pu passer à la vitesse supérieure au gré de ses apprentissages.
Entre parole déliée, dessin au fil continu et écriture, le lien s'est fait tout seul. A l'évidence elle souffrait précisément d'une vision trop grande déposée sur elle depuis les début de son âge. Elle sentait qu'on n'appréciait pas qu'elle ait à passer par l'enfance.
Du coup, se sentait-elle très mal avec ses dessins juvéniles.
Qu'à cela ne tienne, on a vu grand.
_ Tu veux savoir peindre comme un grand artiste adulte ? ...lui ai-je demandé. Pas de soucis : nous avons attaqué Monet sur des grands formats. Certes elle s'est épatée elle-même, mais surtout, elle a pu enfin combler sa mère sidérée des toiles peintes à l'huile.




 Nous en étions au 3ème tableau touche par touche. Elle s'attaquait au pont du jardin de Giverny. A la moitié, lasse de répéter une gestuelle épatante certes, mais sans surprise, elle a décidé de retourner à ses dessins d'enfants qu'elle s'est remise à balbutier graphiquement. Elle avait assez comblé sa mère.
S'étant prouvé qu'elle pouvait faire "plus grand qu'elle", finalement, elle n'aspirait plus qu'à retrouver son âge.
Alors nous sommes allées au Musée Monet la séance suivante, pour dire au revoir à "cette peinture de grand" qui l'a fait rire en voyant les tableaux réels dont elle s'était inspiré, désacralisant haut et fort une technique qu'elle avait fini par tutoyer.

Ultime étape vers sa bonne santé de petite fille .





mercredi, décembre 21, 2016

Créer c'est revenir à l'origine du sujet.

Créer, c’est revenir à l’origine, l’origine du monde, revenir à l’origine du sujet.
Créer fait acte de donner l’existence, de tirer du néant.
  Lorsque j'invoque l'origine du sujet, c'est de l'histoire du sujet et de sa famille qu'il s'agit !
C'est chaque fois du côté de la clinique et de la psychanalyse que je me situe pour écouter et entendre ce que le sujet tient à me dire de sa "création".
Les processus créatif se fondent sur un besoin constant d'aller voir autrement. Ils permettent  au sujet de rester en vie, de survivre.
  Cette posture n’est cependant pas sans risques, car le sujet ne parvient pas forcément à réparer ses objets d’amour pour se sentir vivant.
A mes yeux, l'art est avant tout un puissant médiateur  d’expression de soi.
Ce n’est pas une finalité. C'est un chemin.
C'est un médiateur parmi d'autres nombreux qu'il est possible d'utiliser en vue de se révéler à soi-même.
La véritable création  provient d’artistes qui n’ont pas d’autre choix que d’entrer en Art comme on entre en religion !
C. Cisinski




























Exemple d'une création de l'origine du sujet  voire du monde
































jeudi, octobre 06, 2016

La pratique d'un art est naturellement une catharsis



Elle s'opère par le franchissement d'une porte comme celle d'Alice, pour se refaire, comme le joueur qui risque encore et encore sa chance de réparer, de reconstruire sa mise.

L'artiste ne se sent pas différent de ceux à qui il donne à voir ou à entendre ce qu'il crée. Simplement, il connaît cette sorte de transe momentanée qui ne lui ôte ni la clarté de sa vision, ni la sûreté de son trait, mais le répand au-delà de lui-même, dans un abandon que recueille sa toile et qui fera d'elle ce que d'autres appelleront "une oeuvre".
Lui ne sait pas que c'est une oeuvre; il sait juste que ce qu'il a éprouvé est sans mesure,n'a point de nom,ne supporte aucun commentaire. Il a suivi un souffle qui passe fécond, et s'éloigne.
Qu'il soit peintre, poète, sculpteur ou musicien ne change rien à l'expérience créatrice en son fond. C'est bien pourquoi le peintre peut passer à l'écriture, philosopher ou décider à tout moment de son parcours, de s'approprier les outils qui l'inspirent.

Les arts sont des dialectes d'une même langue originelle et silencieuse, mais qui parle toujours au coeur de l'oeuvre.
L'art-thérapie est un espace transitionnel, le champ d'accueil en extension des thérapies claissiques, où les mots proviennent de
l'expérience créatrice, installent des balises, des bouées, des repères.

Ainsi, l'art-thérapie réfléchit une sorte de carte intime, renvoie de visu, le tracé d'un fonctionnement qui se lit, s'entend, se donne à voir.
En ce sens, la parole déployée se matérialise, incarne l'identité du sujet qui s'interroge et dans l'acte,
se reconstruit,
se refait comme sur un tapis vert.

A suivre....

dimanche, mai 22, 2016

Question d'économie : _ quels bénéfices sont offerts par nos peurs ?

_ Tout est compliqué quand on ne se pose pas les bonnes questions.
Exemple au sujet des peurs qu'aucun effort n'arrive à contrôler
1/ Si vos peurs se manifestent, c'est qu'elles ont leur raison d'être. Pourquoi se demander "de les vaincre "? (Car c'est non seulement compliqué, mais carrément impossible !) 

2/ Si elles ont leur raison d'être, elles vont donc tenir à se manifester encore et toujours.... et donc "vous vaincre si vous en niez la présence,... car elles sont premières dans votre for intérieur malgré vous... et de ce fait ont le pouvoir de vous gouverner.
Ça c'est l'état des lieux. Et le mieux toujours, est d'en faire l'inventaire, de le reconnaître, afin de tisser un bon lien d'amitié, ... vu que vous êtes bien partie pour vivre avec. 

3/ Ensuite, si vous posez que vos peurs peuvent être amies...
( parce que franchement, pourquoi en serait-il autrement ?) et qu'elles tiennent à se manifester, sans doute pouvez-vous imaginer qu'elles ont alors quelque chose à vous dire qu'il serait bon d'entendre. 

4/ Là, c'est une question d'économie.
L'idée est de se demander quels bénéfices vous apportent vos peurs ?
Cherchez bien... vous verrez : elles ont eu jusque là un super usage.. dont sans doute vous bénéficiez encore. 

5/ si vous ne savez pas mesurer vraiment le rapport qualité/prix du deal inconscient passé avec vos peurs, essayez de vous imaginer demain matin, vous réveillant, avec tous vos problèmes résolus : Plus aucune peur
plus aucun empêchement, 
plus aucun prétexte d'inhibition... 
plus rien : tout va bien!

_ Comment commencez-vous votre journée ?
Tout ne dépendrait plus que de votre déterminisme.
_ Qu'allez-vous faire aujourd'hui, demain et pour tout l'avenir, ? 
... sachant que justement vous pourriez imaginer aussi, que plus jamais vos peurs, vos inhibitions, vos souffrances n'existeront et que la voie est libre à vie pour ne faire rien que ce que vous déciderez.
Et là, oui, vous pourrez dans ces conditions mesurer combien cette incroyable nature humaine est extrêmement complexe, en vous et pour chacun d'entre nous.
... Car si vous vous sentez seul... vous n'êtes pas le seul à être seul ainsi. Tous, nous sommes concernés.
C. Cisinski


lundi, janvier 25, 2016

Les dessins poudre d'étoiles...


















Parfois, il m'arrive de redécouvrir les traces des chemins d'enfants.
Car ils n'ont pas tout emporté au fur et à mesure.


Contrairement à mes confrères, relater les histoires familiales n'est
pas chose possible sans que j'en perçoive l'irrespect, voire une vive
trahison d'une confiance offerte.
Montrer ces quelques dessins comme témoignages d'un parcours
figure a contrario mon plaisant hommage.

mardi, janvier 19, 2016

Fi de la "norme étalon" !



... Car il n’existe aucune norme étalon !
Dans le champ de l’art, partir d’un diagnostique n'a guère de sens.
Une pathologie, nous dit Canguillem,
c’est le pouvoir de créer une nouvelle organisation du vivant,
donc « une norme singulière » qui va.

Vivre, ni plus ni moins, revient à traverser des états vitaux selon des variations surprenantes.
Et c’est l’expérience négative de la maladie,
qui ouvre la conscience d’un certain point de vue de la vie ».
Pour le thérapeute, il s’agit de délivrer un sas espace/temps,
l’entre- deux d’une expérimentation tranquille pour le patient.
Le processus d’une évolution est ainsi lancé,
d’où surgit la création féconde, comme une limite à franchir.

Au coeur même de la création, ça évolue.
On assiste à l’émergence d’une parole d’avant l’acquis des mots.
Ici, l’acte créatif fondamental
est que simultanément l’être se fait parlant.
Il nomme. Il se sépare de lui-même pour appeler,
mettre du verbe sous le signe d’un dire qui limite et ouvre,
afin de se rejoindre, de se reconnaître dans l’affirmation
de ce qu’il prend soin de re- présenter.































Une pathologie peut en quelque sorte être mise en scène,
au titre d’une expérience spirituelle,
sachant, comme l’exprimait Artaud,
« que la privation de la vie
renseigne d’avantage que la suffisance,
d’où l’invention prolifique dans l’oeuvre ».

C’est donc à l’extrême créativité du patient,
dans les choix de sa mise en oeuvre,
que l’analyste a affaire.































L’être en vie, est plastique à tous niveaux.
Il est donc nécessaire de prendre soin
de la singularité des désirs paradoxaux du sujet
qui souvent tient à son symptôme
comme le pilier fondateur de son identité.
« Alors, on doit se demander _ comme l’indique Lacan,
par quels moyens opérer honnêtement avec le désir",
et comment le préserver de ce qu’on peut appeler une relation simple
ou salubre en rapport à cet acte en quelque sorte héroïque.

mardi, janvier 12, 2016

Pourquoi ? Parce que c'est ça.


Peindre ou dessiner en fait, indique tout bonnement un rapport au temps.

On ne peut pas dire seulement que ça décrit cette relation. C’est le choix d’un temps qui en amont, habite plus ou moins sciemment l’oeuvre autant que l’artiste.
Mon plaisir personnel s’opère dans la durée.
 Que je dessine , c’est à dire que je tende à m’exprimer d’un trait, alors je vais m’y mettre avec l’ouverture d’un temps infini pour aller vers le dessin juste, en traversant toute une suite dont j’admets par avance, la succession nécessaires des passages, parfois peu gratifiants.
Pour la photo qui joue de l’immédiateté, je m’y prends de la même manière. Je suis de ces personnes « qui mitraillent » et qui tiennent à donner à voir le déroulement des images accompagnant un mouvement.
 Autant dire que face à une toile, il ne saurait être question de se satisfaire du premier jet.
 Le rapport au temps alors revient à s’offrir une savoureuse relation avec la peinture elle-même. L’idée est de lui donner « de la matière » ceci, dans tous les sens du terme.
Il s’agit d’offrir à cet acte de peindre, de quoi converser, de quoi échanger, de quoi se demander ce qu’il veut bien me dire d’une vérité qui s’anime en moi, à cet instant. Et « ça peint » en soi , c’est à dire que le plaisir est de se déposséder d’une volonté de maîtrise. Le « lâcher- prise » est maître de jeu et ce n’est pas peu dire. Du coup, je me vois au début de chaque toile, en train de donner et de donner encore, une foule d’éléments dont il va falloir que je me débrouille longtemps, sans savoir comment ni vers où j’accèderai à la réalisation du tableau.
 Ma seule certitude vivifiante, tient dans le but que je me promets d’atteindre : ça fera un tableau qui se tient en temps et heure. Tout le plaisir est contenu dans cette traversée, sur cette voie ouverte vers nulle part, au fil du temps a priori infini.


On ne part pas vers un chemin de connaissance, mais plus exactement, on arpente une voie de reconnaissance.
Ma conviction est que tout est là dans la nature et habite en nous, dès notre naissance.
Or, le fait est, que parachuté au monde à l’état de prématuré, il s’avère obligatoire de passer par un
« formatage » culturel et familial.
Toute notre vie ensuite consiste à quitter les dictats et carcans (dé)formateurs puisque c’est par-delà l’horizon indiqué, que seulement, selon nos pas choisis, il est possible de trouver, voire de retrouver cette connaissance initiale, provenue de l’origine.

Car « nous sommes au monde ! » ... Ne pas confondre « création » et invention ».
Ça tombe pile ! Le parcours se mesure, s’ouvre à l’infini vers nulle part.
Ainsi une  démarche n’a de réponse qu’un « parce que », si on demande « pourquoi ? ».

Parce que c'est ça.



mercredi, juillet 29, 2015

Du principe de la norme comme exercice de pouvoir




































Citations de Roland Gori pour introduire son passionnant ouvrage:
" La fabrique des imposteurs"  aux éditions Babel

jeudi, novembre 20, 2014

Qu'est-ce qu'avoir "le diable au corps" ? (KLOSSOWSKI), Jean-Claude DUMO...

Ce que cache le syndrome du sauveur ( article de Pascale Senk )

Ce que cache le «syndrome du sauveur»



























Certains individus se sacrifient et forcent l'admiration de leur entourage. Mais quelles sont leurs motivations profondes ?
«Du plus lointain que je me souvienne, j'ai toujours eu un côté Jeanne d'Arc, confie Carla, 50 ans. Je voulais sauver ma propre mère de son enfance malheureuse qui me choquait tant lorsqu'elle me la racontait, la réconforter d'avoir sacrifié sa vie pour mes sœurs et moi… J'étais comme totalement prise dans cette lignée de femmes “sur-responsables” de la santé et du bien-être des autres.»
Une histoire personnelle qui entraîne peu à peu Carla à n'être attirée que par des amies, des collègues ou des partenaires amoureux mal en point. «Même dans une fête foraine où l'on gagnait un lapin en peluche, je choisissais en priorité le dépoilé, celui qui semblait le plus malheureux!»
Pourquoi pas? aurait-on envie de dire à Carla. Pas question de valoriser l'égocentrisme, si fréquent aujourd'hui. Après tout, ce qui fait la grandeur de l'humain, c'est son altruisme, sa capacité à aider son prochain, sa bienveillance. Certes. Dans les meilleurs des cas, cette tendance donne d'ailleurs de belles vocations de soignants… Et de psychanalystes.
Besoin de reconnaissance

Mais parfois, cette face lumineuse d'une personne, sa générosité et son abnégation légendaires se transforment en source de problèmes et de souffrances, autant pour elle que pour les autres. Les conflits, notamment avec un entourage lassé d'être pris en charge avant même de réclamer quoi que ce soit, se multiplient. «J'ai l'impression que je fais toujours tout pour mes proches, et eux jamais rien pour moi», ne cesse de répéter cette bonne âme.
Cette phrase, fréquemment prononcée en séance de psychothérapie, a tendance à alerter les professionnels de la psyché. Mary C. Lamia et Marylin J. Krieger, deux psychologues californiennes dont l'ouvrage vient d'être traduit (Le Syndrome du sauveur, Éd. Eyrolles), y détectent l'évolution presque systématique de celui qui n'a de cesse de voler au secours des autres: «Au tout début d'une relation, le sauveur semble bienveillant et satisfait de son propre altruisme, mais à mesure que le temps passe, il se montre de plus en plus malheureux, déçu, critique et impuissant», écrivent-elles.

Une souffrance qui a trouvé un nom: la codépendance, désormais prise en charge dans les psychothérapies familiales ou les groupes d'entraide mais toujours pas répertoriée dans la Bible des diagnostics, le DSM 5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, publié par l'Association américaine de psychiatrie).
Quelles sont les racines d'un tel comportement? À un premier niveau, elles sont presque évidentes: un besoin de reconnaissance et d'être renarcissisé pousse la personne à voler au secours des autres… Et à le faire savoir. Plus subtile encore, une quête de pouvoir cachée. Quand l'abnégation donne place et importance, pourquoi ne pas en profiter? Le sauveur nourrit, habille, héberge, prend en charge plus fragile que lui… Et, ainsi, il le contrôle totalement.

«Une manière d'apaiser la propre peur de l'abandon qui le mine», estime la psychologue Gene Ricaud-François.
«Enfants parentifiés»

C'est alors un niveau d'explication plus profond qui s'impose. Pour Stéphanie Haxhe, psychothérapeute qui exerce en tant que psychologue clinicienne auprès des familles au Service verviétois d'accompagnement et de guidance, en Belgique, le sauveur a souvent pris ce pli de se faire passer après les autres dès sa petite enfance. Elle a d'ailleurs consacré sa thèse et mené des études de terrain pour cerner cet «enfant parentifié» (titre de son livre paru aux Éditions Érès).
«C'est celui qui a dû se concentrer sur les besoins des adultes avec qui il vivait: une mère fragile psychiquement après une rupture, ou anorexique, un père alcoolique l'ont installé dans ce rôle de pourvoyeur de soins, explique-t-elle. Il est donc devenu à son insu l'adulte de la famille.»
Au fil des années, ses besoins n'étant jamais sa priorité, il recherchera un partenaire qui a besoin, lui aussi, de soins. Une formule qui, le plus souvent, ne peut fonctionner bien longtemps. «La difficulté majeure de ces personnes programmées pour prendre en charge l'autre, c'est qu'elles ne savent pas s'abandonner, explique Stéphanie Haxhe. Elles n'ont jamais été enlacées dans des bras qui les rassuraient, et ce qu'elles réclament à l'autre, c'est la part d'amour infantile qu'elles n'ont jamais reçu. Une quête insatiable, forcément.»
Ces «enfants parentifiés» sont heureusement de plus en plus souvent repérés par les services sociaux, et un travail thérapeutique en famille peut alors être envisagé. Pour Clara, le fait de devenir mère a rééquilibré un peu sa tendance naturelle à prendre en charge les autres. «Avec deux garçons à éduquer, j'ai déjà pas mal à faire dans mon escarcelle», confie-t-elle avant de citer un autre signe de progrès selon elle: «J'ai de nouveaux amis qui vont bien et n'ont pas besoin de mon secours… Ça veut certainement dire que je vais mieux!»

Le langage comme manipulation de la réalité (article de de Michel Levy)

Même et particulièrement en amour : "peut-on ne pas manipuler ?" ( article de Michel Levy) Cette phrase apparemment obscure signale simplement que les mots ne sont pas les choses, espace crée par l’entrée dans l’altérité et l’effet signifiant du langage. Il ne s’agit pas d’autre chose dans le noeud du mouvement surréaliste, illustré par le tableau de Magritte montrant une pipe, et qui s’intitule “Ceci n’est pas une pipe”. Ce qui est strictement vrai, puisque le tableau n’en est que la représentation, comme les mots ne sont que la représentation des choses.
Prendre les mots pour la réalité, pour les choses, est une tentation bien humaine, liée à notre désir que l’autre soit notre sauveur, notre guide, notre grand autre en langage lacanien.
S’il est donc un mensonge inaugural dans le langage, c’est de le prendre pour le monde alors qu’il ne fait que le représenter. La sortie de la réalité existe donc dès que le langage se pique de vérité.
Si cette distance est au coeur du langage, et fonde l'imaginaire individuel et social, sous la forme de l’image de soi et des mythes il est un point où mensonge et manipulation affectent directement la santé psychique à la fois d'un sujet ou d'un groupe : en accommodant l'imaginaire avec le réel, il arrive qu'on s'éloigne trop, alors, de l'authentique de l'être, de la société. Alors, ces mensonges deviennent des machines à névrose et autres psychoses individuellement, ou générateurs de troubles sociaux. Si les représentations individuelles et collectives sont toujours distance du coeur de l’être ou du social, mieux vaut que cette distance ne soit pas abîme.

La difficile division du sujet

Il s’ensuit que l'être humain n'a pas le choix, il est soit dans le délire s'il est dans la vérité, ou dans le désir s'il habite l'altérité. Ainsi s’éclaire l’aphorisme de Lacan, dont la clarté peut échapper au premier abord ! On comprend alors la constante tentation du délire, et la difficulté permanente du désir. Car si le délire est une évacuation de la réalité, le désir en est la manipulation.
Le passage de l'un à l'autre, toujours à reprendre, est ce que la psychanalyse a isolé sous le nom de castration.
C'est sa difficulté constante, sa réinvention continuelle, ses dénis, refus, rejets qui donnent prise à la manipulation continue des êtres les uns par les autres.
Le délire et la vérité sont une seule et même chose, puisqu'en effet ce qui limite le trait psychotique est ce qu'on appelle la castration, à savoir que notre toute puissance (autre nom de la vérité) s'arrête là où commence celle de l'autre. Cette nécessité de la présence de l’autre sexe pour que l’instinct le plus puissant, celui de la reproduction, se réalise, fait jouer un paradoxe chez l’humain comme chez tous les animaux sexués: l’autre est aussi ou plus important que soi. Que ceci se symbolise sur ce qui s’aperçoit de la différence des sexes est alors le propre du plus ancré dans le symbolique des animaux, l’homme. Voilà pourquoi la castration, ce sacrifice partiel de soi, reste à une place centrale et éminente chez l’humain, ritualisée et symbolique. Elle est, fondamentalement, un renoncement à la toute puissance de l’instinct, au bénéfice d’une altérité bénéfique.
Voilà aussi pourquoi elle va être niée, refoulée ou projetée par nombre de ceux chez lesquels la découverte de l’altérité fut aussi celle du traumatisme. S’ouvre alors le vaste champ de la manipulation de la réalité, pour autant que pour ceux-là, le passage obligé par l’autre sexe fait horreur, faisant place alors au risque d’un narcissisme tout puissant, plus ou moins partiel, plus ou moins morcelé, déclinant alors sa gravité selon l’axe névrose, perversion et psychose#.
Si j’en fais une lecture plus extensive, la psychanalyse freudienne a cependant plus précisément dénommé perversion cette inclinaison humaine du déni de la différence sexuelle, universelle chez le jeune enfant en train de découvrir cette limite à sa toute puissance, et en trace plus ou moins forte chez chacun d’entre nous. C’est que le paradoxe reste toujours présent, entre l’intérêt de la présence de l’autre et notre désir d’être complètement et totalement nous-même...
C’est que celui qui se soutient de la vérité n'est plus dans l'altérité, et réciproquement.


La manipulation comme «solution» à cette division

Une autre façon d'aborder la question fait appel à Platon et son mythe de la caverne. Autant les ombres que nos sens aperçoivent ne sont que les lointains échos des objets réels hors de notre portée, autant les mots ne sont que les distantes représentations des choses.
De ce fait, constamment, qu'on le veuille ou non, on manipule et on est manipulé, comme l'ombre chinoise l'est par la main. Nous sommes les objets les uns des autres comme de la réalité, suivant nos pauvres désirs humains, dans des représentations du monde qui nous l’éclairent et nous le cachent en même temps, comme le dit Edgard Morin. Nos constructions symboliques ont toujours au moins une face cachée, elles sont toujours Dr Jekyll et Mr Hyde, le Dr Folamour n’est jamais loin d’Einstein.

Si le terme de manipulation a deux sens, c’est que la langue est maligne, comme toujours : on est influencé, bougé, bousculé, changé par l’autre, ses désirs et ses mots, donc manipulé par lui, au sens du kinésithérapeute. Pris dans les mots comme dans les bras, sans totale maîtrise ni pouvoir de contrôle absolu ! On voit que la confiance est le pendant de la castration, elle en est même le moteur principal! Si on doit être manipulé par les mots de l’autre, mieux vaut avoir confiance en lui.

Or, on l’a vu, il est différents rapports des mots au réel : un qui reste fixe, faisant des mots un univers virtuel parallèle proprement délirant, et dont le décalage au réel pose des problèmes aboutissant vite au symptôme, voire à la violence. Un autre, où entre l'authentique de l'être, de l'autre, du monde et leur représentation dans le langage, un remaniement constant fonctionne, faisant à la fois le vivant de la langue et de l'être. C’est ce qu’on appelle génériquement le doute, l’humilité. Ce qui, contrairement à une certaine mode, ne signifie pas pour autant que rien ne vaut rien, mais engage la confiance plus du côté de celui qui cherche, se questionne, que vers celui qui affirme, sait. À défaut d’un miracle, on trouve alors un chemin...


La tentation d’être manipulé

Mais beaucoup demandent plus qu’un chemin...On comprend alors que pour eux ne pas être guidé, c'est être trompé, à savoir dans l’attente profonde d’une solution toute puissante. C’est bien ce que l’enseignement du Dr Knock nous apprend, et c’est à cet endroit que bien des patients manipulent les médecins vers l’illusion de la toute puissance imaginairement salvatrice.
Le succès de Knock et du Dr House, qui se ressemblent beaucoup, tient au fait qu'ils ne sont pas aimables, mais tout puissants... Car être gentil, humble et aimable, ce n’est pas être dans la vérité, ce n’est pas réduire systématiquement la part d’indéterminé de l’humain à une séméiologie toute puissante, ce n’est pas injecter constamment du sens face à la question de l’indéterminé du corps et du désir. Cette coagulation entre les projections d’un gourou et les attentes de beaucoup d’une croyance rassurante ont en fait le même résultat, faire revenir le spectre de la mort plus tôt qu’à son tour. Qu’enfin ce qu’on craint, refoule, met à l’écart ait un nom, une présence, une fonction, une parade ! Plus fort que la mort...

Il faut noter que la manipulation de Knock passe justement par la compétence technique, lui qui ne se trompe guère de diagnostic en réalité, et est effectivement fort moderne dans ses théories de la santé. La maladie, selon lui, et donc Canguilhelm, ne serait qu’une variation de la norme, la prévention est la seule vraie médecine, la santé n’est qu’une apparence qui peut jouer plus d’un tour si on y croit trop, si on se croit trop fort et immortel, etc..
Même ses diagnostics sont à priori “justes”! Le célèbre “Ca vous gratouille ou ça vous chatouille” abouti à un réel diagnostic de gastrite alcoolo tabagique avec les prescriptions (il est vrai très aliénantes!!) qui y sont liées. La façon aussi dont il retourne l’humble science médicale représentée par le bon et honnête Dr Parpalaid, qu’il transforme illico en malade, en convoquant le spectre de la mort, pour emporter l’adhésion de tous ceux qui ne veulent pas mourir, est aussi médicalement pertinente : imprudent sans doute de refaire de suite 8 heures de voyage à l’âge de cet éminent docteur.
Sauf que, Knock, comme il le dit lui-même, ne peut se regarder dans la glace. Pas d’altérité pour lui, pas d’autre voie que la psychose pour lui, ici psychose paranoïaque qui s’exprime dans la description qu’il fait des 250 thermomètres, qui, au même moment, vont plonger ensemble sur son ordre dans 250...

Alors, la leçon de Knock est celle-ci : si on est vrai avec l'autre, on le trompe, si on le manipule, on est malhonnête, si on est authentique et gentil, on trompe son attente... et si on est honnête et humble, on n’a pas sa place dans cette pièce de théâtre ! Mais qu’est être honnête, s’il est impossible de ne pas manipuler, soit le réel avec les mots, soit l’autre avec son désir ? Dire la vérité, c’est manipuler le réel en faisant artificiellement coller les choses et leurs représentants. Mentir, c’est manipuler l’autre dans un but pervers plus ou moins grave. Dire la vérité et mentir à la fois comme Knock, c’est instituer un gourou et créer une secte, ce que devient le village dans la pièce de Jules Romain.
La manipulation psychique se veut alors universelle, le pire étant la bonne âme qui croit vouloir le bien d'autrui. Il n'est ainsi pas certain que l'Afrique se soit encore remise des exploits des missionnaires et autres pacificateurs. Leurs échecs plus massifs sur le continent asiatique ayant garanti à celui-ci un développement plus harmonieux, plus authentique et singulier.
C’est que comme dans la pièce de Jules Romain, le vrai but était d’abord et avant tout l’argent, forme de perversion somme toute tellement banale qu’on en oublie qu’elle en est une, et de taille.


Quelle issue à ces logiques contradictoires?
Vouloir le bien, c'est d'abord le définir comme vérité pour l'autre, et c'est là que le bât blesse. Il existe, bien entendu, un bien commun, une morale commune, une loi, des us et coutumes, un code civile, et in fine une langue et toutes ses traditions orales et écrites. Nous en partageons ici un certain nombre, qui sont les élaborations de la médecine, de la psychanalyse, des sciences en général. Mais ce bien commun n’est pas le bien de l’autre, il est simplement le socle qui nous permet de nous parler. Posons clairement le paradoxe qui émane de tout ce qui précède : parler vrai, c’est alors dire que l’on ment. Sortir du paradoxe, c’est se rendre compte que parler, ce n’est pas parler à quelqu’un, c’est parler au langage. On manipule alors les mots, pas les êtres. Dès lors quelque chose peut être vrai pour la logique de la langue, sans pour autant s’étendre à la logique de l’être. S’il est impossible de ne pas manipuler, au moins peut-on explicitement s’en tenir à la manipulation des mots. C’est à quoi servent les ajouts fréquents dans les échanges entre personnes modestes, tels que “Ce n’est que mon opinion”, ou “voilà simplement mon point de vue”, etc. Ils signalent que le jeu de manipulation langagier peut se poursuivre, indépendamment de ce qui vient d’être affirmé avec parfois la plus grande force. Ils libèrent (partiellement) l’être de la pression du langage... sans néanmoins l’exonérer de celle de la présence et de son poids affectif et instinctuel.
Si on n’aperçoit pas ce décalage, la violence suit vite, le forçage de l’être par la langue étant donc la plus commune, la manipulation pathogène la plus banale, largement pourvoyeuse de pathologies variées. C’est à quoi aboutit aussi la réduction actuelle de l’humain à de la technique, que ce soit celle du management, de la génétique, de l’éducation, etc.. La manipulation survient même alors lorsqu’on veut appliquer sa technique sur un patient qui vient pourtant expressément nous voir pour qu’on le soigne... C’est que l’idée du soin n’est pas la même pour les deux protagonistes. Cette idée est connue et largement travaillée dans les groupes Balint.
Ce qui l’est peut-être moins est le point suivant. Pour que la manipulation des êtres cesse, encore faut-il qu’ils aperçoivent leur complexité contradictoire, mutuellement, ce qu’ils ne peuvent faire que dans le questionnement de leurs erreurs réciproques, en constatant donc que leurs savoirs mutuels sont manipulables. C’est là que le bât blesse le plus souvent, la tentation d’exister avec l’autre écrasant la distance des savoirs qui jouent alors les uns contre les autres, au lieu de se remanier mutuellement. C’est qu’il est deux partenaires, toujours, celui qu’on se représente, et celui qui est vraiment ! C’est ce deuxième qui va faire obstacle à nos désirs, et va de ce fait être l’objet de manipulations conscientes ou inconscientes, afin que notre savoir reste “intact”. Souvent, la plus courante de ces manipulations va être la tentation de parler à un tiers commun des résistances que nous oppose un sujet à ce qu’on veuille son bien ! Tel médecin va alors, en l’absence du patient, parler à la femme de l’alcoolique, tel psychiatre va proposer qu’on surveille un patient suicidaire, etc. Le résultat ne se fait pas attendre, sous forme d’aggravation du symptôme en règle, voire de suicide réussi. Je me souviens ainsi de l’exposé d’une expérimentation de psychothérapie de groupe faite par des collègues d’Europe de l’Est à propos d’alcoolisme. Le patient était vu, puis sans lui sa famille, ses collègues de travail, ses amis, bref, tout son lien social, afin de réfléchir à son problème d’alcoolisme. Les résultats de cette études comportementaliste étaient semble-t-il excellents dans l’ensemble. Je suis allé parler ensuite à ces collègues, qui ont pu me dire en off qu’en réalité, la plupart des sujets traités furent ensuite victime de phobie sociale, ce qu’ils n’avaient pas indiqué dans leur intervention ! C’est qu’on oublie trop souvent que pour le patient, un symptôme psychique, contrairement au symptôme physique, est tout autant une solution qu’un problème. C’est une résistance de l’être à l’étant, de l’être pour soi à l’être pour l’autre, entre les mots et leurs représentés, entre les concepts et les affects. S’il témoigne d’un espace par trop douloureux, contradictoire, entre les mots et les choses, il vaut mieux ne jamais oublier qu’il est aussi un espace de constante élaboration.

Conséquences pour le symptôme psychique :
Dès lors, en pathologie psychique, supprimer un problème pour quelqu’un, c’est aussi lui supprimer l’élaboration d’une solution. Ce que dit bien ce proverbe chinois qui soutient que le pire qu’on puisse faire à l’humain est de lui expliquer ce qu’il pourrait trouver lui-même. La résistance à la manipulation, même thérapeutique, n’est en fait que le temps de l’élaboration de cette solution propre à l’être, et qui de ce fait n’est ni l’affaire de la conscience, ni l’affaire du médecin, ni réductible à une logique technique ou langagière. Ceci rend compte d'une observation personnelle, qui me laisse penser que les techniques comportementales employées de façon trop rigides et donc manipulantes, si elles ont des résultats sur le symptôme, provoquent finalement pas mal de dégâts collatéraux, dont peut-être des suicides. Comme ces cas sont sortis des études soit-disants probantes, pour le moment on ne sait si ce soupçon grave est justifié. Il peut en tout cas se déduire en raison de l'impasse sur le lent travail des résistances, patient labeur de restructuration, résistance à la manipulation thérapeutique, au mensonge de guérison : on ne guérit pas de l’espace entre les mots et les choses, entre les espérances et les réalités.
Aussi le symptôme n’est-il négociable par aucune manipulation, et la résistance n’est que le signe de cela, que l’être du patient est véritablement dans son temps et sa logique propre pour avancer dans sa vie et ses symptômes.. Ce qui ne peut être le temps et la logique du médecin ou d’un autre manipulateur, analyste, psychothérapeute, superviseur ni même la logique d’un groupe, fût-ce un groupe Balint...
L’inconnaissable, l’absolue singularité du sujet, l’infinie profondeur et complexité de l’être sont en fait les réelles limites de toute manipulation. Et pour nous, médecins, ce qui contrarie notre désir thérapeutique est souvent plus enrichissant que ce qui s’y plie, savoir qui peut nous permettre, parfois, de supporter de nous apercevoir manipulateurs, afin d’en stopper à temps la pression délétère.... C'est ce que les psychanalystes appellent le travail sur le transfert, lequel peut ici se définir comme la part inconsciente de la manipulation.

Vignette clinique : il a 25 ans, et une aggravation complètement invalidante (il est en arrêt de travail) d'une névrose obsessionnelle, avec lavage des mains et diverses craintes hygiéniques, se manifeste depuis un an, mais évolue depuis 6 ou 7 ans... Il vient me voir, et guérit complètement au niveau symptomatique en trois ou quatre séances! A peine ai-je le temps d'un inflation très bling bling de mes capacités d'analyste qu'il m'annonce que, décidé à guérir, il voyait en même temps un psychologue psychothérapeute, un psychiatre cognitiviste et un psychiatre prescripteur de Seroplex, sans compter le généraliste !!! Dès lors, à qui le pompon ? En tout cas à lui, le manipulateur, qui va étonnamment vite et mieux. Une nuance, et de taille : la manipulation ici n'est pas longtemps perverse, elle est vite dite et assumée ouvertement, sans mensonge trop durable...
Alors, en fin de compte, peut-on ne pas manipuler ? Il faudrait pour cela que la relation humaine puisse être totalement consciente des deux côtés, dans une indépendance d’esprit totale de part et d’autre, sans aucune place à un quelconque inconscient. Ce n’est pas la vision de la psychanalyse.
Il s’en déduit ce paradoxe central qui tient au fait que si on répond oui, on peut ne pas manipuler, on est, on l’a vu, en grand risque de manipulation consciente ou inconsciente de l’être de l’autre, alors que la réponse négative, elle, laisse sa parole et son choix à l’autre. Il est des limites au soin, au soulagement, et même à l’amour, elles sont ce que notre imprévisible interlocuteur en pense et en dit.

Il vaut mieux savoir que dès qu’on parle, on opère sur une fiction où l'éthique peut alors se convoquer, si on se sait mentir ou manipuler ou simplement se tromper, quoiqu'on fasse et qu'on dise, puisque c'est un fait de langage, et que c’est même pour cela que le langage est fait..

Heureusement, reste donc le silence et l’écoute, qui, eux, ne sont pas toujours de l’ordre de la manipulation et du mensonge… Même s’ils sont des outils de connaissance, en particulier dans la psychanalyse, ils n’orientent pas toujours vers un objet précis lié au désir singulier de celui qui se tait.


Conclusion : une belle et aimante manipulation

Nous avons vu que la confiance en l'autre est la condition forte de l'altérité. Elle est donc naturellement une des conditions fortes, aussi, de la manipulation, et l’humain n’est pas près de sortir de ce paradoxe.
Qui manipule qui n’est alors pas toujours facile à déterminer. Le savoir est probablement la seule parade possible. Voici une petite histoire, de ma famille, pour illustrer cela.
J’avais une arrière grand-mère fort gentille, ancienne institutrice, raconteuse d’histoire, comme celle de l’homme qu’elle a rencontré et qui avait connu Napoléon 1°...
Bref, un espace de transmission et de rêve, très disponible à ses arrières petits enfants, dont elle se rappelait les prénoms sans problème à près de 97 ans. Bon, pour le reste, elle perdait bien un peu la tête. Son seul défaut : elle avait un peu trop l’habitude de jouer ! A la loterie, aux courses, etc... C’était son plaisir, mais qui coûtait cher à la famille, rentrée d’Algérie en 62, ayant tout perdu, et vivant des subsides de ceux des enfants et petits enfants en âge de travailler.
Alors, une aimable manipulation fut décidée par la famille. Comme elle ne voyait plus beaucoup, un oncle lui remit chaque semaine quelques feuillets d’un vieux carnet à souche, en guise de loterie, à la place de ceux qu’on allait lui acheter chaque semaine. Tout allait bien.
Mais qui eut l’idée alors de lui faire l’immense plaisir, en cette fin de vie, de l’informer qu’elle avait gagné le gros lot ? Ce qui fut fait, et annoncé. Elle était folle de joie, et gagna en gaieté pendant quelques semaines, son billet dans la poche de sa robe de chambre.
Puis, un jour, à table, elle fit tinter son couteau contre son verre, et obtint ainsi le silence. Alors, elle tint ce bref discours : “Mes enfants, je voulais vous parler de l’évènement que vous connaissez. Ce gros lot que j’ai gagné, et que voilà dans ma main, et bien... je vous le donne !”


Moralité : impossible donc de savoir qui manipule qui, si on parle un vrai dialogue humain, fondé ici sur l’amour.

vendredi, décembre 27, 2013

Cet "amour de symptôme"...


A quoi sert le symptôme  en tant que « saint-homme », 
si on ne lui délègue  le pouvoir de parler à notre place 
de ce qu’on a à dire.
Il est inattaquable puisqu’en lui, tout nous échappe. 
Il n’est pas volontaire. 

          Du coup, ce n’est pas notre faute.
De ce fait, le symptôme,
 au même titre que le rêve,  rend service.
Il dit « je vous emmerde » ou bien :
_ « vous ne m’aurez pas comme ça, voyez, 
je suis ailleurs et je ne peux pas être ou faire mieux».
On délègue au symptôme notre pleine puissance à jouir d’une résistance, désencombrée de  la moindre culpabilité..

     Le symptôme dit comment et de quoi on jouit.
      C’est en cela qu’il est si précieux et qu’on y tient.

Il fait exister ce à quoi on ne renonce pas, une forme de résidus têtu qui réfléchit une sainteté, justement à l’endroit de notre culpabilité la plus ancrée.
Une dualité de principe, s’instaure :
D’un côté, on se rend coupable de résister via le symptôme.
En même temps, en le laissant parler à notre place, on devient l’innocent de qui tout s’échappe involontairement.
Enfin, quelque part,  c’est pratique, quoi !

De là à construire son identité sur cet échappatoire, 
il y a un pas qu’on franchit aisément vers autrui, qui doit porter de ce fait, ce qu’on lui dépose de visu. Et là, coupable ou pas, ça fait jouir !

C. Cisinski

vendredi, octobre 11, 2013

Comment ça va ?



L'Être joyeux en bonne santé, 
n'est pas tant celui qui a éliminé de lui-même ses contradictions : c'est celui qui les utilise et les entraîne dans son travail, en pleine lumière.
De fait exerce-t'il quant à lui, un sentiment de puissance d'être au monde, 
une forme de plénitude de s'éprouver ainsi rassemblé au coeur de sa tâche, 
tenant sa promesse d'homme.

La liberté d'être soi ne consiste donc pas à délirer la rupture des liens et influences diverses et prégnantes.

La liberté se loge dans la connaissance de notre carte routière intime traçant tout ce qui nous gouverne, afin d'en user en pleine conscience et de le transformer au sein de notre ouvrage.

"Résilience" est "l'appellation moderne" d'un tel principe vivant.